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Succession de Guterres à l’ONU : les sept candidats visés par au moins un veto lors d’un vote indicatif

La salle du Conseil de sécurité au siège des Nations unies, à New York
Photo : Jdforrester / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

La course à la succession d’António Guterres à la tête des Nations unies se complique. Lors d’un nouveau vote indicatif organisé à huis clos vendredi 16 octobre 2026, les sept candidats encore en lice ont tous reçu au moins un avis défavorable de l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité – États-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni et France –, ce qui équivaut en pratique à un veto, a-t-on appris de sources diplomatiques citées par l’AFP et RFI.

Des bulletins de couleur pour la première fois

Le secrétaire général est nommé par l’Assemblée générale sur recommandation du Conseil de sécurité. Pour dégager un candidat, les quinze membres du Conseil procèdent à des « straw polls », des votes anonymes où chacun attribue à chaque candidat la mention « encourage », « décourage » ou « sans opinion ». Vendredi, pour la première fois dans ce processus, les voix des cinq membres permanents apparaissaient en couleur, permettant de distinguer les vetos potentiels des votes des dix membres élus.

Grynspan toujours en tête, mais bloquée

La Costaricienne Rebeca Grynspan, 70 ans, qui dirigeait la Cnuced (l’agence de l’ONU pour le commerce et le développement), reste en tête avec neuf « encourage », le seuil requis, mais elle a aussi reçu cinq « décourage », dont deux émanant de membres permanents, et un « sans opinion ». Derrière elle, l’Argentin Rafael Grossi, 65 ans, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et la Guyanienne Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères, recueillent chacun huit « encourage », six « décourage » – dont deux de membres permanents – et un « sans opinion », selon les résultats publiés par le site spécialisé PassBlue.

Les autres candidats sont le Sénégalais Macky Sall, les Équatoriennes Ivonne A-Baki et María Fernanda Espinosa, et l’Ougandais Olara Otunnu. Ivonne A-Baki, entrée tardivement dans la course, n’a recueilli qu’un seul « encourage ». La Chilienne Michelle Bachelet s’était retirée en septembre.

La porte ouverte à de nouvelles candidatures

En l’absence d’un candidat acceptable pour les cinq grandes puissances, ce sixième tour de scrutin ouvre la voie à de possibles nouvelles candidatures, relèvent RFI et l’agence AP. Aucune date n’a été fixée pour le prochain vote. Le temps presse : le second mandat d’António Guterres, 77 ans, s’achève le 31 décembre, et son successeur doit prendre ses fonctions en janvier 2027 pour cinq ans.

Ce blocage intervient à un moment délicat pour l’organisation, confrontée à la multiplication des conflits, à de profondes divisions au sein du Conseil de sécurité et à de sérieuses difficultés financières. Plusieurs États militent par ailleurs pour qu’une femme occupe pour la première fois le poste, ce qui explique la forte présence de candidates.

Sources : RFI et AFP (sources diplomatiques), PassBlue, Associated Press, Le Monde.

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