Hermès ajoute une nouvelle création à sa collection Hermessence : Ginseng Biloba, présentée à Paris ces derniers jours par la parfumeuse de la maison, Christine Nagel, directrice de la création et du patrimoine olfactif. Une eau de parfum fraîche et boisée qui associe deux végétaux rarement mis à l’honneur en parfumerie.
Une racine qui a demandé cinq ans
Le point de départ, raconte-t-elle au magazine TIME France, se trouve dans les herboristeries chinoises qu’elle a explorées lors de voyages en Asie. Le ginseng, racine à laquelle on prête en Asie des vertus revigorantes, l’a intriguée. Problème : l’extrait qu’elle imaginait n’existait pas. Il a fallu cinq années de recherche pour obtenir une matière exploitable, à l’odeur boisée et légèrement terreuse, avec une facette de bâton de réglisse et une sensation qui « frise l’amertume », sans jamais devenir agressive.
Selon Christine Nagel, cet extrait naturel de ginseng n’avait jamais été utilisé en parfumerie et figure désormais parmi les deux matières les plus coûteuses de sa palette. Hermès n’entend pas en garder l’exclusivité indéfiniment : la matière doit être mise à disposition d’autres parfumeurs après une période réservée à la maison.
Le ginkgo, reconstitué
Depuis son lancement en 2004, la collection Hermessence repose sur un principe : faire dialoguer deux matières premières qui n’étaient pas destinées à se rencontrer. Face au ginseng, la parfumeuse a choisi le ginkgo biloba, l’arbre aux feuilles en éventail qui dorent à l’automne. Le ginkgo ne livrant pas d’essence, sa note est recréée à partir d’un accord de thé vert, de matcha, de maté et de muscs, selon Grazia, qui décrit un sillage « lumineux » à la signature végétale.
Le flacon reprend les codes de la collection, avec ici une teinte jaune et un capot gainé de cuir aux surpiqûres beiges, clin d’œil au savoir-faire sellier de la maison.
Pour qui ?
Ginseng Biloba s’adresse à ceux qui fuient les parfums sucrés et gourmands qui dominent les ventes depuis plusieurs années. Les amateurs de notes vertes et de thé, de vétiver ou d’iris terreux devraient y trouver leur compte. Comme toutes les Hermessence, il se porte aussi bien au masculin qu’au féminin. Le prix public n’a pas été précisé dans les présentations consultées ; la collection se situe dans le haut de gamme de la parfumerie de la maison.
Notre regard
Au-delà du lancement, ce parfum illustre une tendance de fond de la parfumerie de luxe : la course aux matières premières exclusives. Face à la multiplication des sorties et à la concurrence des marques de niche, les grandes maisons investissent dans des extractions inédites, financées et protégées pendant quelques années, qui deviennent un argument de différenciation. Le choix d’Hermès de partager ensuite son ginseng avec le reste de la profession est plus rare, et mérite d’être souligné.
Notre conseil : comme pour tout parfum boisé et légèrement amer, testez-le sur peau plutôt que sur mouillette, et attendez une heure avant de vous décider, le temps que les notes de fond se révèlent.
Sources : TIME France, Grazia, Hermès.






