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Un an après le casse du Louvre : la couronne d’Eugénie va être restaurée, les autres joyaux restent introuvables

Une vitrine de la galerie d'Apollon au musée du Louvre, où étaient exposés les joyaux de la Couronne (photo d'archives)
Photo : Neoclassicism Enthusiast / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Il y a un an jour pour jour, le dimanche 19 octobre 2025 au matin, le musée le plus visité du monde vivait l’un des épisodes les plus humiliants de son histoire. À 9 h 34, deux hommes en gilet jaune brisaient une fenêtre de la galerie d’Apollon, au premier étage, après s’être hissés avec un monte-charge installé sur un camion. À 9 h 38, ils repartaient en scooter sur les quais de Seine avec des pièces historiques des joyaux de la Couronne.

La couronne d’Eugénie, seule rescapée

Dans leur fuite, les malfaiteurs avaient abandonné la couronne de l’impératrice Eugénie au pied du balcon. C’est le seul bijou retrouvé. Il est sérieusement abîmé : selon le Louvre, sa monture souple et légère a d’abord été déformée lors de son extraction par l’étroite ouverture découpée dans la vitrine, puis écrasée par un choc violent. Ses 56 émeraudes sont toujours en place ; sur 1 354 diamants, une dizaine de très petite taille manquent et neuf ont été retrouvés détachés.

Un an après, le musée annonce que la restauration « va pouvoir débuter » après une série d’analyses et la consultation d’un comité scientifique de six experts, réunissant notamment des spécialistes du Louvre, du musée d’Orsay, du Muséum national d’histoire naturelle et du Centre de recherche et de restauration des musées de France. Les maisons Mellerio, Chaumet, Cartier, Boucheron et Van Cleef & Arpels avaient proposé leur aide. Le Louvre l’avait indiqué en février : il s’agira de remettre en forme l’armature, sans reconstitution.

Huit bijoux toujours dans la nature

Les autres pièces volées, deux diadèmes, deux colliers, deux paires de boucles d’oreilles, une broche et un grand nœud de corsage, restent introuvables. Elles comptent au total plus de 8 000 diamants, ainsi que des émeraudes, des saphirs et des perles. Le préjudice a été estimé par le musée à 88 millions d’euros, mais leur valeur est avant tout patrimoniale : démontées, ces parures perdraient l’essentiel de ce qui fait leur prix.

L’enquête, ouverte notamment pour vol en bande organisée, a conduit moins de deux semaines après les faits à l’interpellation de deux hommes d’une trentaine d’années, qui ont reconnu leur participation selon les éléments rendus publics. Ils restent présumés innocents jusqu’à leur jugement. Le mode opératoire a été reconstitué, mais l’identité d’un éventuel commanditaire demeure inconnue.

Une année noire pour le musée

Le casse a mis au jour des failles connues de longue date. Dès le 31 octobre 2025, une enquête de l’Inspection générale des affaires culturelles relevait une « sous-estimation » du risque d’intrusion depuis plus de vingt ans. Les alarmes avaient fonctionné, mais les rapports ont pointé un nombre insuffisant de caméras et du matériel vétuste. Une commission d’enquête parlementaire sur la sécurité des musées, présidée par le député Alexandre Portier (LR), a parlé d’une défaillance systémique. Fuites d’eau, grèves et changement de direction ont suivi : Laurence des Cars a été remplacée par Christophe Leribault à la tête de l’établissement.

Ce que l’on retient

Un an après, le Louvre a engagé le chantier de la sécurité et celui de la couronne, mais le bilan reste maigre sur l’essentiel : aucune des huit parures n’a reparu. Plus le temps passe, plus le risque augmente qu’elles aient été démontées. La restauration de la couronne d’Eugénie, elle, offrira au moins une victoire symbolique au musée lorsque l’œuvre retrouvera sa vitrine.

Sources : BFMTV, musée du Louvre, Inspection générale des affaires culturelles.

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