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Explosion de la rue de Trévise : près de huit ans après le drame, la Ville de Paris et le syndic de l’immeuble jugés pour homicides involontaires

La rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris (photo d'archives)
Photo : GFreihalter / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0

Le 12 janvier 2019, un samedi matin, une violente explosion de gaz soufflait un immeuble de la rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris. Près de huit ans plus tard, le procès s’ouvre ce mardi 20 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris. Deux prévenus comparaissent pour homicides et blessures involontaires : la Ville de Paris et le syndic de copropriété d’un immeuble de la rue.

Quatre morts et des dizaines de vies bouleversées

L’explosion avait fait quatre morts, dont deux sapeurs-pompiers de Paris, et près de 200 blessés, selon le décompte rappelé par franceinfo. Les pompiers cherchaient la fuite de gaz lorsque la déflagration s’est produite.

Pour les victimes, l’attente a été longue. Une rescapée, gravement blessée aux jambes, explique à franceinfo avoir subi plus de cinquante interventions chirurgicales depuis le drame, et ne pas pouvoir assister à l’ouverture du procès en raison d’une nouvelle opération. Les proches d’un des pompiers tués espèrent que l’audience permettra d’établir clairement les responsabilités.

Une fuite d’eau réparée trop tard, selon les experts

Au cœur du dossier : la question de savoir si le drame aurait pu être évité. Selon les experts cités par franceinfo, l’explosion trouve son origine dans une fuite d’eau dans les caves, réparée tardivement. Le terrain s’était affaissé, ce qui aurait entraîné la rupture d’une canalisation de gaz sous le trottoir. Plusieurs réfections de la chaussée avaient été réalisées après l’affaissement du sol, un point que les parties civiles comptent mettre en avant pour démontrer que les signaux d’alerte n’ont pas été pris en compte.

Les avocates de la famille d’un pompier estiment avoir déjà obtenu des réponses grâce à une instruction qu’elles jugent complète, et attendent surtout des prévenus qu’ils assument ce qui a été fait et ce qui n’a pas été fait.

La Ville de Paris et le syndic contestent

Le syndic de l’immeuble et la Ville de Paris contestent leur responsabilité. Dans une déclaration transmise à franceinfo, les avocats de la Ville expriment leur « profonde solidarité avec les victimes » et disent souhaiter que toute la lumière soit faite, tout en affirmant que les services municipaux ont agi avec diligence et qu’aucun manquement de leur part n’est à l’origine de l’accident. Comme tout prévenu, la Ville et le syndic sont présumés innocents jusqu’au jugement.

Sept semaines d’audience

Le procès doit s’étendre jusqu’à début décembre. Il devra trancher une question technique et juridique délicate : celle du partage des responsabilités entre la gestion d’un immeuble privé, l’entretien de la voirie publique et la surveillance des réseaux. L’homicide involontaire suppose de démontrer une faute, comme une imprudence, une négligence ou un manquement à une obligation de sécurité, et un lien de causalité avec les décès.

Au-delà des peines encourues par les prévenus, personnes morales, le jugement pourrait servir de référence pour la gestion des fuites et des affaissements de terrain en ville, un sujet qui concerne de nombreuses copropriétés anciennes et les collectivités chargées de la voirie. La date à laquelle le jugement sera rendu n’est pas encore connue.

Sources : franceinfo.

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