Après les pillages du week-end, la question ne concerne plus seulement les voleurs. Des captures d’écran ont circulé dès samedi soir sur les réseaux sociaux montrant des produits neufs, vêtements, maquillage ou parfums, proposés sur Vinted ou Leboncoin à une fraction de leur prix, certaines annonces mentionnant même explicitement la date du 17 octobre, rapporte franceinfo. Lundi soir, Bercy a réuni les principales plateformes pour freiner ces reventes (lire notre article). Pour les acheteurs, le risque est bien réel.
Le recel, un délit puni de cinq ans de prison
Acheter ou détenir un objet en sachant qu’il provient d’un vol constitue un recel. Ce délit est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende, rappelle franceinfo en citant le site officiel service-public.fr. La loi vise la personne qui sait, ou ne pouvait ignorer, l’origine frauduleuse du bien : une annonce qui revendique le pillage ou un prix manifestement anormal peut donc peser lourd en cas d’enquête.
Franceinfo a également relevé des messages d’acheteurs sollicitant directement des produits volés ce jour-là, ainsi que des vendeurs invitant à poursuivre la discussion sur Snapchat, loin de la modération des plateformes. Ces annonces avaient disparu lundi, sans qu’on sache si elles ont été supprimées par les sites ou par leurs auteurs.
Ce que disent Vinted et Leboncoin
Vinted assure appliquer une tolérance zéro : la plateforme dit avoir identifié et supprimé depuis le week-end les annonces susceptibles de concerner des biens volés, renforcé le contrôle des annonces suspectes et collaborer avec les forces de l’ordre, avec à la clé des sanctions pouvant aller jusqu’au bannissement définitif. Leboncoin indique que toutes les annonces font l’objet de contrôles automatisés avant leur mise en ligne, complétés par des équipes de modération, et qu’un service dédié traite les réquisitions judiciaires. Les deux plateformes interdisent dans leurs conditions d’utilisation la vente d’articles illicites.
Comment repérer une annonce douteuse
- Un prix trop beau : un parfum ou une palette de maquillage neufs vendus à une petite fraction du prix en boutique doivent alerter, surtout s’il y en a plusieurs exemplaires.
- Des lots de produits identiques, encore étiquetés ou avec des antivols, proposés par un même vendeur depuis le week-end.
- Une demande de contact hors plateforme (Snapchat, WhatsApp, SMS) ou de paiement en dehors du système sécurisé du site.
- Des allusions dans le texte à la date du 17 octobre, à une enseigne pillée ou à une provenance sur laquelle il ne faudrait pas poser de questions.
- Aucune facture ni preuve d’achat pour un produit de valeur présenté comme neuf.
Que faire si vous avez un doute ?
Le plus simple est de ne pas acheter et de signaler l’annonce via le bouton prévu sur la plateforme. Les annonces manifestement illicites peuvent aussi être signalées sur Pharos, la plateforme publique de signalement des contenus illégaux en ligne. Si vous avez déjà acheté un objet et découvrez ensuite qu’il provient probablement d’un pillage, conservez les échanges avec le vendeur et rapprochez-vous d’un commissariat ou d’une gendarmerie : la bonne foi s’apprécie au moment de l’achat.
Ces annonces s’inscrivent dans un contexte plus large : le gouvernement a annoncé que les revenus tirés de la revente de produits volés seraient pris en compte pour réduire les aides sociales des pilleurs condamnés, ce qui suppose précisément de retracer ces ventes en ligne.
Sources : franceinfo (réponses de Vinted et Leboncoin), service-public.fr (cité par franceinfo).






