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Fibre Excellence Saint-Gaudens : aucune offre de reprise, la dernière usine française de pâte à papier vers la liquidation judiciaire

L’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Saint-Gaudens, en Haute-Garonne (photo d’archives)
Photo : Patrice Bon / Wikimedia Commons, licence CC0

L’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), dernier site de production de pâte à papier en France, se dirige vers une liquidation judiciaire. Aucune offre de reprise ferme n’a été déposée avant la date limite du jeudi 22 octobre fixée par le tribunal de commerce de Toulouse, selon La Tribune et la région Occitanie. Une audience est prévue le 3 novembre. Près de 250 emplois sont menacés, a rapporté Le Monde, La Dépêche évoquant 244 salariés. Ce dimanche 25 octobre 2026, un projet de reprise porté par un industriel portugais reste en préparation, mais il ne sera pas prêt à temps.

Trois lettres d’intention au lieu d’une offre

À la place d’une offre, trois courriers ont été remis au tribunal : ceux de l’État, de la région Occitanie et du groupe portugais Ghost, spécialisé dans le papier à usage domestique et les produits d’hygiène. D’après la Région, ce dernier prévoit d’investir environ 200 millions d’euros à terme. Son projet : relancer la production de pâte à papier d’ici douze mois et construire une usine de 50 000 m² pour la transformer sur place en produits finis (couches, papier toilette, essuie-tout). La CGT explique que l’industriel a besoin de plus de temps pour consolider son offre ; Ghost évoque lui-même au moins six mois, selon le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin.

Le dirigeant du groupe portugais a présenté son projet au ministre le 19 octobre, à l’initiative de la présidente de la région, Carole Delga. La collectivité affirme avoir contacté plus de 130 industriels depuis plus d’un an pour trouver un repreneur. Pour Sébastien Martin, cité par La Tribune, « l’absence de reprise à court terme ne signifie pas la fin de l’histoire ».

Liquidation, licenciements, puis transition

En l’absence d’offre, le tribunal devrait logiquement prononcer la liquidation, ce qui entraînera le licenciement de l’ensemble des salariés. L’État promet un accompagnement par France Travail et la préfecture de la Haute-Garonne. Selon La Dépêche, un contrat de sécurisation professionnelle pourrait être proposé, afin de conserver les compétences sur place et d’entretenir le site en attendant le projet Ghost. Les partenaires discutent déjà des conditions de cette période de transition, notamment sur le plan environnemental.

L’argent public n’a pas suffi à sauver l’usine : l’État a déboursé 152 millions d’euros en 2026 pour maintenir les sites de Fibre Excellence à flot, dont un dernier prêt d’urgence de 2 millions d’euros via Bpifrance en septembre, et la Région a engagé 13 millions d’euros, selon La Tribune. La Tribune rappelle que le site de Tarascon (Bouches-du-Rhône), l’autre usine du groupe, avait déjà été confronté à la même situation.

D’autres dossiers industriels en Occitanie

Ce dossier s’ajoute à d’autres procédures en cours dans la région. Lundi 26 octobre, ce sont les Forges de Tarbes, fabricant d’obus dans les Hautes-Pyrénées, qui passent devant le tribunal, tandis que l’enseigne GiFi a demandé son placement en redressement judiciaire devant le même tribunal de commerce de Toulouse.

Sources : La Tribune (avec AFP), communiqué de la région Occitanie publié par La Petite République, Le Monde, La Dépêche, communiqués de la CGT et du ministère de l’Industrie cités par La Tribune.

Photo d’illustration : Patrice Bon / Wikimedia Commons, licence CC0.

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