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Fuite de 850 000 plaques d’immatriculation : ce que contient le fichier, ce qui n’est pas confirmé et comment repérer une fausse amende

Une plaque d’immatriculation française provisoire en WW (photo d’illustration)
Photo : Walser.FL / Wikimedia Commons, licence CC0

Une fuite de plaques d’immatriculation touchant près de 850 000 véhicules français est revendiquée depuis samedi 24 octobre 2026 par un pirate se faisant appeler ChimeraZ. Il affirme vendre sur un forum cybercriminel un fichier associant chaque plaque au nom, à l’adresse postale et souvent à l’e-mail ou au téléphone du propriétaire. À ce stade, aucun organisme n’a reconnu de piratage et l’origine des données reste inconnue. Le danger concret pour les automobilistes : de fausses amendes citant leur vraie plaque.

Les chiffres revendiqués, comparés

Les volumes ci-dessous sont ceux annoncés par le pirate et relevés par le site de veille FrenchBreaches, puis repris de façon concordante par Capital, Les Numériques, Clubic et RMC. Ils n’ont pas été vérifiés de façon indépendante.

Donnée revendiquée Volume
Lignes (enregistrements) dans le fichier 905 097
Plaques d’immatriculation distinctes 847 064
Adresses e-mail distinctes 506 003
Numéros de téléphone distincts 474 906
Taille de l’archive 175 Mo (Les Numériques, Clubic)
Période couverte par les échantillons 2017 à 2026

Attention aux raccourcis : le nombre de plaques n’est pas égal au nombre de personnes touchées, puisqu’un même propriétaire peut avoir plusieurs véhicules. Le chiffre de près d’un million parfois lu ce lundi correspond au nombre de lignes, pas de propriétaires.

Ce qui est confirmé, ce qui ne l’est pas

  • Confirmé : l’annonce de vente existe et des extraits ont été examinés par FrenchBreaches. Ils montrent noms, prénoms, adresses, e-mails et téléphones.
  • Non confirmé : l’authenticité de l’ensemble du fichier et sa source. Le pirate évoque seulement un site présentant des failles, qu’il dit vouloir nommer plus tard. Rien ne permet d’affirmer que le Système d’immatriculation des véhicules (SIV), géré par l’État, a été touché.
  • Non prouvé : le second fichier d’environ 2 millions de plaques que le pirate promet de diffuser prochainement.
  • Absent des extraits : mots de passe, coordonnées bancaires, numéros de sécurité sociale.

Le même pseudonyme a revendiqué ces dernières semaines d’autres fuites : la Fédération française de tir, des armureries et le fichier d’adhérents du Parti communiste français, dont le parti a confirmé le piratage. La France insoumise et Renaissance ont démenti avoir été touchés, rappelle RMC.

Le vrai risque : la fausse amende avec votre vraie plaque

Une plaque se lit sur n’importe quel parking ; ce qui donne de la valeur au fichier, c’est le croisement avec un téléphone et une adresse. Un SMS réclamant une contravention impayée et citant votre immatriculation exacte paraîtra bien plus crédible qu’un message générique. D’autres scénarios sont possibles : faux appel d’un garage, demande de paiement pour une réparation, tentative d’usurpation d’identité.

Les bons réflexes

  • Ne payez jamais une amende depuis un lien reçu par SMS. Selon Clubic, l’ANTAI ne réclame pas de paiement par SMS.
  • Vérifiez un avis en allant vous-même sur antai.gouv.fr ; le paiement officiel se fait sur amendes.gouv.fr.
  • Transférez les SMS douteux au 33700 et signalez l’escroquerie sur cybermalveillance.gouv.fr.
  • Vous recevez un vrai avis pour une infraction que vous n’avez pas commise ? Ne payez pas : payer vaut reconnaissance. Vous avez en général 45 jours pour contester ; en cas de plaque usurpée, portez plainte et joignez le récépissé.
  • Si vous avez déjà donné vos coordonnées bancaires, faites opposition auprès de votre banque sans attendre.

Il n’existe pour l’instant aucun moyen officiel de savoir si sa plaque figure dans le fichier. Si l’organisme à l’origine de la fuite est identifié, il devra informer la CNIL et, en cas de risque élevé, les personnes concernées.

Sources : Capital, Les Numériques, Clubic, RMC, ANTAI, Cybermalveillance.gouv.fr.

Photo d’illustration : Walser.FL / Wikimedia Commons, licence CC0.

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