Donald Trump a réclamé mercredi 28 octobre la disqualification de Mary Peltola, candidate démocrate au Sénat en Alaska, après une enquête du New York Times sur la candidature d’un homonyme du sénateur républicain sortant, Dan Sullivan. L’élection a lieu mardi 3 novembre, lors des élections de mi-mandat, et les sondages donnent une légère avance à la démocrate dans cet État traditionnellement républicain.
Ce que révèle le New York Times
Selon le quotidien new-yorkais, cité par l’AFP, l’équipe de campagne de Mary Peltola aurait fouillé dès 2025 les listes électorales pour trouver un homonyme du sénateur sortant. Un enseignant à la retraite vivant dans un village de pêcheurs, lui aussi nommé Dan Sullivan, se serait ensuite porté candidat après avoir échangé avec un consultant démocrate. Le DSCC, l’organisation qui soutient les candidats démocrates au Sénat, aurait aussi été impliqué. Objectif supposé : disperser les voix républicaines.
L’équipe de Mary Peltola et le DSCC démentent toute implication. Le New York Times précise lui-même que ses révélations ne font pas apparaître d’acte a priori illégal, rapportent La Presse et 20 Minutes.
Établi / contesté
- Établi : deux candidats nommés Dan Sullivan figurent sur le bulletin. La Cour suprême de l’Alaska a autorisé en juin l’enseignant retraité à rester en lice.
- Rapporté par le New York Times, démenti par les intéressés : le rôle de l’équipe Peltola et du DSCC dans cette candidature.
- Source contestée : une partie des révélations vient d’Elisa Rios, ancienne salariée de la campagne licenciée en août, qui a demandé à retirer ses propos avant publication. Le journal dit s’appuyer aussi sur d’autres entretiens, des messages et des documents.
- Affirmation de Donald Trump, non établie par la justice : le caractère « illégal » et la « fraude ». Aucune juridiction ne s’est prononcée.
La réaction de Trump et le recours en justice
Sur son réseau Truth Social, le président américain a dénoncé une « fraude envers le peuple américain » et estimé que Mary Peltola ne devrait pas être autorisée à se présenter, pas plus que le « faux » Dan Sullivan. Devant la presse, il a réclamé des poursuites. Le sénateur sortant a, lui, accusé sur Fox News sa rivale d’avoir monté un stratagème pour tromper les électeurs.
La semaine dernière déjà, à la demande de Donald Trump, le département de la Justice avait saisi un tribunal fédéral en Alaska pour qu’il interdise de « certifier tout résultat qui puisse être affecté par la confusion des électeurs » en cas de victoire démocrate. Un recours qui n’aboutira pas, selon Derek Muller, spécialiste du droit électoral à l’université Notre Dame, cité par l’AFP.
Pourquoi ce siège compte
Chaque siège pèse dans la bataille pour le contrôle du Sénat américain le 3 novembre. Une victoire démocrate en Alaska serait un revers symbolique pour les républicains dans un État qu’ils dominent. À six jours du vote, l’affaire risque surtout d’alimenter une contestation du résultat, quel qu’il soit.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Les éléments de l’enquête du New York Times, les démentis, la décision de la Cour suprême de l’Alaska et le recours du département de la Justice sont rapportés de façon concordante par La Presse, 20 Minutes et le Journal de Montréal, qui reprennent l’AFP. Les deux camps restent présumés n’avoir commis aucune infraction tant qu’aucune décision de justice n’a été rendue.
Sources : La Presse / AFP, 20 Minutes / AFP, Journal de Montréal.
Photo d’illustration : Quintin Soloviev / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0.



















