Le journal indépendant russe Novaïa Gazeta a annoncé ce vendredi 30 octobre sa fermeture, sous la pression des autorités. « Novaïa Gazeta cesse d’exister », a déclaré son rédacteur en chef, Sergueï Sokolov, dans une vidéo publiée sur YouTube, selon l’AFP reprise par Boursorama. La rédaction affirme que les autorités et les services de sécurité russes l’ont obligée à cesser son activité.
Novaïa Gazeta : l’essentiel
- Fondé en 1993, avec le soutien de Mikhaïl Gorbatchev.
- Papier arrêté en mars 2022, licence révoquée la même année ; publication en ligne depuis.
- Classé « agent de l’étranger » par Moscou.
- Locaux : avis d’expulsion des locaux historiques de Moscou à partir du 9 novembre.
- Financement : système de dons bloqué, selon la rédaction.
- Prix Nobel : son ancien rédacteur en chef Dmitri Mouratov, colauréat du prix Nobel de la paix 2021.
Ce qui est confirmé
- La fermeture : annoncée par le rédacteur en chef et par un communiqué de la rédaction, selon l’AFP et Le Figaro. Un « dernier numéro » doit paraître avant l’arrêt, a précisé Sergueï Sokolov.
- Les moyens de pression : un avis d’expulsion des locaux à partir du 9 novembre et le blocage du système de dons, qui prive le journal de tout financement, selon la rédaction.
- Les procédures en cours : plus tôt ce mois-ci, Sergueï Sokolov a été interrogé et son domicile perquisitionné dans le cadre d’une affaire visant un collègue, Oleg Roldouguine, arrêté en avril et assigné à résidence dans l’attente de son procès, rapporte Télérama. Il reste présumé innocent.
- Le prix payé : six journalistes ou collaborateurs du journal ont été tués depuis sa création, dont Anna Politkovskaïa, abattue à Moscou en 2006, selon l’AFP.
Ce qui ne l’est pas
- La date du dernier numéro : elle n’a pas été communiquée.
- L’avenir des journalistes : la rédaction ne dit pas si une partie de l’équipe poursuivra son travail sous une autre forme, en Russie ou à l’étranger.
- La version du Kremlin : aucune réaction officielle russe n’était publiée vendredi midi.
Pourquoi c’est important
Novaïa Gazeta était l’un des derniers médias indépendants encore installés en Russie. Il avait enquêté sur la guerre en Tchétchénie, la corruption des élites, le groupe Wagner ou la persécution des homosexuels en Tchétchénie. Il s’était opposé dès le premier jour à l’offensive contre l’Ukraine, en février 2022. Sa fermeture intervient alors que la diplomatie autour du conflit reste suspendue à une éventuelle rencontre entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky.
L’ONG Reporters sans frontières a réagi par la voix de son directeur général, Thibaut Bruttin, qui voit dans le journal un modèle de journalisme libre et indépendant pour toute la profession, selon l’AFP.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Les déclarations de la rédaction et de son rédacteur en chef sont rapportées de façon concordante par l’AFP, Le Figaro et Télérama. Le prix Nobel de Dmitri Mouratov est vérifiable sur le site officiel de la Fondation Nobel. Nous n’avons pas pu consulter directement la vidéo publiée en russe.
Sources : AFP via Boursorama, Le Figaro, Télérama, Fondation Nobel.
Photo d’illustration : Euku / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.



















