Les madeleines Colibri ne sont plus fabriquées à Pons (Charente-Maritime) : l’usine historique, installée dans la commune depuis 1896, a arrêté ses machines cette semaine et ferme définitivement ses portes, la production partant vers une usine neuve à Derval (Loire-Atlantique). Environ soixante emplois disparaissent, selon Alouette et ICI (Radio France). La marque, elle, continue d’exister.
Colibri : ce qu’il faut savoir
- Usine : Pons, au sud de Saintes, environ 4 300 à 4 600 habitants selon les sources.
- Propriétaire : Paticeo, filiale du groupe breton Roullier.
- Arrêt de la production : mercredi 28 octobre ; fermeture définitive vendredi 30 octobre.
- Emplois : une soixantaine de salariés licenciés (près de 70 selon Le Parisien) ; deux auraient accepté un poste ailleurs dans le groupe, selon Sud Ouest.
- Production : transférée à Derval (Loire-Atlantique), au nord de Nantes.
- En magasin : la marque Colibri continue d’être commercialisée.
130 ans d’histoire qui s’arrêtent
Les madeleines à coque de chocolat, un procédé longtemps breveté selon Le Parisien, étaient produites à Pons depuis la fin du XIXe siècle. Les dernières ont été cuites et emballées cette semaine. Selon ICI, les machines se sont arrêtées mercredi, et la fin de semaine a été consacrée au nettoyage du site. Les lignes de production dédiées au chocolat sont déménagées vers Derval, où le groupe a construit une nouvelle usine.
Une fermeture annoncée depuis un an
Paticeo avait présenté un projet de cessation totale d’activité en octobre 2025, invoquant des « difficultés économiques persistantes malgré les investissements réalisés », rapporte Sud Ouest. Le plan social a été homologué en janvier 2026. L’entreprise affirme avoir cherché activement un repreneur jusqu’au 15 septembre, sans succès : selon le groupe Roullier, cité par Le Parisien, aucun candidat n’a réuni les conditions nécessaires pour garantir la pérennité de l’activité et de l’emploi.
La maire de Pons dénonce la méthode
La maire, Fabienne Dugas-Raveneau, conteste cette version. Elle affirme avoir présenté un repreneur dont le dossier n’aurait même pas été examiné, et estime que la fermeture a été « orchestrée », selon ses propos à Alouette. Selon elle, le groupe aurait pu investir à Pons plutôt que de construire une nouvelle usine en Loire-Atlantique. Ces accusations n’engagent que l’élue ; le groupe Roullier maintient qu’aucune offre n’était viable.
Reste l’avenir du site, situé près du centre-ville, à côté d’écoles et de salles municipales. D’après la maire, Roullier en demanderait 3 millions d’euros, un montant qu’elle juge inacceptable : la communauté de communes de Haute-Saintonge souhaite reprendre le foncier pour l’euro symbolique et y accueillir une nouvelle activité.
Et pour les salariés ?
Des clubs d’entreprises locaux ont organisé des job datings, et la mairie a recueilli des CV pour les transmettre aux employeurs du secteur, selon Sud Ouest. ICI rapporte que les indemnités de licenciement sont assorties de clauses interdisant aux salariés de s’exprimer dans les médias.
La fermeture de Colibri s’ajoute à une série de difficultés dans l’industrie et la distribution suivies par Ouelen ces derniers jours, comme le plan social chez Smoby ou la sauvegarde d’un franchisé KFC.
Ce qu’Ouelen a vérifié : les dates (arrêt mercredi 28, fermeture vendredi 30 octobre), le lieu de transfert et le nombre d’emplois concordent entre Alouette, ICI et Sud Ouest ; Le Parisien évoque près de 70 salariés, nous indiquons les deux chiffres. Le prix de 3 millions d’euros est une affirmation de la maire, non confirmée par le groupe.
Sources : Alouette, ICI, Sud Ouest, Le Parisien.
Photo d’illustration : Jebulon / Wikimedia Commons, domaine public (CC0).



















