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Belgique : Bart De Wever remet sa démission, le roi la tient en suspens

Bart De Wever, Premier ministre belge
Photo : Christian Ursilva from København, Danmark / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Le Premier ministre belge Bart De Wever a remis lundi 2 novembre la démission de son gouvernement au roi Philippe, faute d’accord sur le budget 2027. Le roi ne l’a ni acceptée ni refusée : il « tient sa décision en suspens » et consulte dès mardi les présidents des partis de la majorité, selon le communiqué du Palais cité par La Libre Belgique. Bart De Wever doit être reçu de nouveau au Palais vendredi 6 novembre.

L’essentiel

  • Quoi : démission du gouvernement fédéral belge remise au roi lundi matin, mise en suspens par le chef de l’État.
  • Pourquoi : aucun accord sur le budget 2027 ni sur l’effort de 10 milliards d’euros à trouver d’ici 2029.
  • Mardi 3 novembre : le roi consulte les présidents des cinq partis de la coalition.
  • Vendredi 6 novembre : nouvelle audience de Bart De Wever au Palais.
  • Ce qui n’est pas tranché : maintien du gouvernement, nouvelle coalition ou élections anticipées.

Une nuit de négociations sans accord

Le conseil des ministres restreint, le « kern », s’est séparé vers 1 heure du matin dans la nuit de dimanche à lundi sans accord sur le budget fédéral 2027, rapporte la VRT, le service public flamand. Bart De Wever s’est ensuite rendu au Palais de Bruxelles en début de matinée. Selon La Libre, le roi Philippe a dû interrompre ses vacances pour revenir en urgence dans la capitale.

Le désaccord porte sur la manière de trouver environ 10 milliards d’euros d’économies et de recettes nouvelles. D’après l’agence Reuters, dont la dépêche est reprise par Boursorama, la N-VA de Bart De Wever et le MR, les libéraux francophones, veulent surtout réduire les dépenses de santé. Les socialistes flamands de Vooruit et les centristes francophones des Engagés réclament au contraire une contribution plus forte des hauts revenus. Le CD&V, les chrétiens-démocrates flamands, complète cette coalition dite « Arizona », au pouvoir depuis début février 2025.

À la sortie des discussions, le vice-Premier ministre des Engagés, Maxime Prévot, a résumé l’ampleur des blocages : s’il devait énumérer tout ce qui coince, « cela va prendre un temps fou », a-t-il dit, selon la VRT.

Ce que le roi a décidé, et ce qu’il peut encore décider

Le chef de l’État avait trois options : refuser la démission, l’accepter, ou la mettre en suspens. Il a choisi la troisième, qui laisse une chance à la coalition. Dans son communiqué, cité par La Libre, le Palais « déplore l’absence d’accord » et estime que le pays « ne peut se permettre une crise politique prolongée », en appelant au « sens du compromis ».

Même si la démission était acceptée plus tard, cela ne déclencherait pas automatiquement des élections. Comme l’a rappelé sur la VRT le journaliste politique Ivan De Vadder, un nouveau gouvernement peut être formé à partir des rapports de force issus des dernières élections.

Ce que ça change concrètement pour la Belgique

Le premier effet est budgétaire. Sans budget voté à temps, l’État belge risque de fonctionner en « douzièmes provisoires » : chaque mois, il ne peut dépenser qu’un douzième du dernier budget adopté. Bart De Wever avait écarté cette solution, selon la VRT, mais La Libre la juge désormais « inéluctable », sous une forme adaptée par la loi de stabilité qu’il proposait, avec notamment la non-indexation des salaires fédéraux et de prestations sociales. Rien de tout cela n’est encore décidé officiellement.

Pour les Français, aucune conséquence directe n’a été annoncée à ce stade. Pour les projets belges qui les concernent, comme la vignette autoroutière prévue en 2027, aucun changement de calendrier n’a été communiqué.

Les réactions politiques

Au sein même de la majorité, le CD&V appelle ses partenaires à reprendre « au plus vite » les discussions, en estimant qu’une crise gouvernementale ne réglerait aucun problème, selon la VRT. Dans l’opposition, le président du PS, Paul Magnette, juge que le pays entre dans une « grande nébuleuse ». Le Vlaams Belang, parti d’extrême droite, parle d’une « crise budgétaire historique ». Le PTB, à gauche, dit qu’il ne regretterait pas un départ du Premier ministre, et Ecolo dénonce une instabilité créée « par idéologie ».

Ce qu’Ouelen a vérifié

  • Confirmé : la démission a été remise lundi au roi, qui la tient en suspens, consulte les partis dès mardi et revoit le Premier ministre vendredi 6 novembre (communiqué du Palais cité par La Libre, VRT).
  • Confirmé : aucun accord sur le budget 2027 à l’issue du kern de la nuit de dimanche à lundi (VRT, Reuters).
  • Pas confirmé : le recours aux douzièmes provisoires, des élections anticipées ou une nouvelle coalition. Aucune de ces pistes n’est actée.

Sources : La Libre Belgique, 2 novembre 2026, VRT NWS, 2 novembre 2026, Reuters via Boursorama, 2 novembre 2026.