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Déficit 2026 à 5,4 % du PIB : où l’État ajoute et où il coupe en fin d’année

Le ministère de l'Économie et des Finances à Bercy, Paris
Photo : Dinkum / Wikimedia Commons, licence CC0

Le gouvernement a présenté mercredi 4 novembre 2026 en Conseil des ministres son projet de loi de finances de fin de gestion (PLFG), qui boucle les comptes de l’année : le déficit public 2026 y est confirmé à 5,4 % du PIB, contre 5 % prévus dans le budget initial. Bercy assure que ce chiffre ne se dégradera pas davantage malgré une croissance à l’arrêt, rapportent Les Echos et Capital.

Pourquoi le déficit dérape

Le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu que la croissance française est à l’arrêt : le PIB a reculé de 0,1 % au troisième trimestre selon l’Insee. Il a cité les prix de l’énergie, la hausse des taux d’intérêt, les sécheresses exceptionnelles et l’incertitude politique, qui a freiné l’investissement des entreprises. Résultat, les recettes fiscales de l’État rentrent 4,8 milliards d’euros en dessous des prévisions, selon Capital. Le solde budgétaire de l’État est désormais attendu à −135,5 milliards d’euros, contre −134,5 milliards prévus.

Un milliard de dépenses en moins, l’argument du gouvernement

Face à la commission des finances de l’Assemblée, Roland Lescure et le ministre des Comptes publics David Amiel ont mis en avant la tenue des dépenses : 501,9 milliards d’euros pour l’État sur le périmètre de pilotage, un milliard de moins que prévu. Ils l’expliquent par deux comités d’alerte en cours d’année, un milliard d’euros de crédits annulés par décret et 2,5 milliards gelés. David Amiel a rappelé la règle fixée en mars face à la flambée des carburants : chaque euro d’aide devait être compensé par un euro d’économie.

Ce que change le collectif de fin d’année

Le texte prévoit 3,7 milliards d’euros de crédits supplémentaires et 3,8 milliards d’annulations, soit un solde de −100 millions. Les principaux mouvements détaillés par Capital :

  • Prêts garantis par l’État : un milliard d’euros de plus, car la garantie de l’État est davantage appelée que prévu sur des prêts d’entreprises qui ne remboursent pas.
  • Logement et hébergement : 700 millions d’euros pour la cohésion des territoires, notamment pour financer la hausse des aides personnelles au logement (APL) et l’hébergement d’urgence.
  • Énergies renouvelables : des crédits repris, car la hausse des prix de l’électricité rend certaines installations plus rentables et réduit le soutien public nécessaire.

Autrement dit, l’État ne coupe pas partout de la même façon : il redéploie l’argent vers les dépenses jugées incontournables et récupère des marges ailleurs. Les oppositions, à gauche notamment, veulent profiter du texte pour y ajouter des mesures en faveur de la jeunesse, ce que l’exécutif refuse en défendant un texte purement technique.

Ce que ça change pour les ménages

Ce collectif ne crée ni impôt ni aide nouvelle pour les particuliers. Il finance des dépenses déjà engagées, comme la hausse des APL, dans le cadre de la règle fixée au printemps : chaque aide carburant compensée par des économies ailleurs. Le vrai rendez-vous fiscal reste le budget 2027, rejeté par l’Assemblée et désormais entre les mains du Sénat. Pour la baisse des prix à la pompe, voir notre suivi du gazole.

La dette en toile de fond

La dette publique atteignait 3 595,5 milliards d’euros à la fin du deuxième trimestre 2026, soit 119 % du PIB selon l’Insee, cité par Toute l’Europe. Le gouvernement vise un déficit de 5 % en 2027, avec un effort annoncé de 54 milliards d’euros, mais la dette continuerait de monter dans un premier temps, à 121,7 % du PIB en 2027 selon la direction générale du Trésor.

Ce qu’Ouelen a vérifié

  • Confirmé : le déficit à 5,4 % du PIB, le recul de 0,1 % du PIB au troisième trimestre et les déclarations de Roland Lescure, rapportés par Les Echos et Capital.
  • Confirmé : les montants d’ouvertures (3,7 milliards) et d’annulations (3,8 milliards) de crédits, détaillés par Capital.
  • Non précisé : la date du vote du PLFG au Parlement.

Vos questions

Qu’est-ce qu’une loi de fin de gestion ? Un texte voté en fin d’année pour ajuster les crédits de l’année en cours aux dépenses réelles, sans changer la politique fiscale.

Le déficit de 5,4 % est-il nouveau ? Non : la cible avait déjà été relevée début octobre, au dépôt du budget 2027. Le PLFG la confirme malgré une conjoncture qui s’est encore dégradée.

Repères

  • Budget 2026 initial : déficit visé à 5 % du PIB.
  • Début octobre 2026 : cible relevée à 5,4 %.
  • 4 novembre 2026 : présentation du PLFG en Conseil des ministres.
  • 2027 : objectif de 5 % du PIB.

Sources : Les Echos, Capital, Toute l’Europe.

Photo d’illustration : Dinkum / Wikimedia Commons, licence CC0.