Le gourou évangélique Paul Mackenzie a été condamné vendredi 6 novembre à 200 ans de prison par un tribunal de Mombasa. Il a été reconnu coupable du meurtre de 190 enfants et d’un adulte après avoir poussé ses disciples à mourir de faim pour « rencontrer Jésus », dans l’affaire dite du massacre de la forêt de Shakahola.
L’essentiel
- Peine : 200 ans (peines concurrentes), pas de peine de mort.
- Victimes retenues au procès : 190 enfants + 1 adulte (selon le jugement rapporté).
- Bilan plus large : la commission nationale kényane des droits humains a estimé en 2024 environ 429 morts.
- Suite : appel annoncé par la défense.
Le verdict
Selon franceinfo (AFP), la juge Diana Kavedza Mochache a prononcé 100 ans pour chacune des 183 victimes mortes affamées et une peine équivalente pour huit autres morts par « homicide direct », les peines devant être purgées simultanément pour aboutir à 200 ans. Le parquet avait réclamé la peine capitale ; la juge l’a écartée, estimant qu’une exécution pourrait être vécue comme un « martyre » par des accusés qui voient la mort comme une délivrance.
L’avocat de la défense a indiqué que ses clients feraient appel.
Ce qui s’est passé à Shakahola
En 2023, des fosses communes avaient été découvertes dans un ranch isolé près de Malindi, sur la côte kényane. Les adeptes étaient tenus de jeûner jusqu’à la mort selon une « hiérarchie » (enfants d’abord), d’après les témoignages. Mackenzie avait été arrêté en avril 2023. Des dizaines de corps supplémentaires ont encore été signalés depuis, selon les reprises AFP.
Ce que ça change (et ce que ça ne change pas)
La condamnation clôt la phase de jugement de première instance sur ce volet d’accusations, mais pas l’affaire : appel possible, identification de victimes encore incomplète, et d’autres procédures évoquées après de nouvelles découvertes. Pour un lecteur en France : aucun impact juridique direct ; l’intérêt est informatif sur l’une des plus graves affaires de dérive sectaire documentées en Afrique de l’Est ces dernières années.
Calendrier : arrestation avril 2023 → procès → verdict 6 novembre 2026 → phase d’appel. Les coaccusés ont reçu des peines variables selon les reprises presse (de l’ordre de dix à plus de cent ans) ; nous n’avons pas retracé ici chaque peine individuelle faute de jugement intégral publié en français.
Point de vigilance : ne pas confondre le chef d’accusation jugé (191 victimes dans le verdict rapporté) et le bilan total estimé par la commission des droits humains (environ 429). Les deux chiffres coexistent dans les sources ; nous les distinguons.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Peine, nombre de victimes du verdict et refus de la peine de mort : franceinfo / AFP du 6 novembre 2026. Recoupement RFI. Le chiffre 429 morts (2024) est une estimation de la commission kényane des droits humains, distinct du chef d’accusation jugé.
Sources : franceinfo, RFI.
Photo : Ruslik0 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 (Malindi, illustration géographique).
