Les syndicats de l’Éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche appellent à une nouvelle journée de grève, de manifestations et de rassemblements le mardi 10 novembre 2026, au lendemain de la conférence sociale prévue lundi à Matignon. L’appel, publié dans un communiqué intersyndical daté du 6 novembre et relayé par le SNES-FSU, vise les personnels comme les lycéens et étudiants.
Qui appelle à la grève
Selon franceinfo, l’appel est porté par l’intersyndicale des personnels de l’éducation et du supérieur, avec l’intersyndicale de la jeunesse (USL, Union étudiante, Unef, Fage, FSE, Solidaires étudiant-e-s) et des unions syndicales régionales CGT, FSU, FO, Sud, Solidaires et Unsa. Les organisations disent avoir déposé des préavis de grève « pour les prochaines semaines » et se retrouveront le 10 novembre au soir pour décider des suites, dans le cadre de l’intersyndicale interprofessionnelle.
Ce que réclament les syndicats
Le communiqué juge « insuffisantes » les premières annonces du gouvernement sur les postes, les moyens et le bâti scolaire, et estime que l’université a été oubliée. Parmi les revendications listées :
- le dégel du point d’indice et des mesures salariales « sans contreparties » ;
- un budget pour financer les 150 000 places qui manqueraient, selon les syndicats, pour accueillir les bacheliers dans la filière de leur choix ;
- la levée des « barrages » de Parcoursup et monMaster et 15 000 postes de titulaires dans le supérieur ;
- un statut de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) et une grille nationale de salaire pour les AED (assistants d’éducation) ;
- des créations de postes (professeurs, CPE, psychologues, infirmières…) et l’annulation des suppressions d’emplois prévues au budget 2027 ;
- un plan d’investissement pour rénover les bâtiments scolaires et universitaires.
Franceinfo rapporte aussi que les organisations dénoncent la « rupture des franchises universitaires » et des fermetures administratives de campus. Le SNES de Lyon, dans un communiqué local, s’inquiète que la conférence sociale de lundi « semble exclure » la fonction publique des discussions sur les salaires, ce qui n’est pas confirmé officiellement.
Écoles maternelles et élémentaires : comment l’accueil est organisé
Même en cas de grève, un enfant inscrit dans une école publique maternelle ou élémentaire doit être accueilli gratuitement pendant le temps scolaire, rappelle le ministère de l’Éducation nationale. Deux cas :
- moins de 25 % de grévistes déclarés dans l’école : l’État assure l’accueil ;
- 25 % ou plus : c’est la commune qui organise le service minimum d’accueil, à l’école ou dans un autre lieu (gymnase, centre de loisirs, salle polyvalente). Les familles sont informées par un affichage devant l’école.
Les enseignants du premier degré doivent déclarer leur intention de faire grève au moins 48 heures à l’avance, délai qui doit comprendre un jour ouvré, comme le détaille le FSU-SNUipp. C’est ce décompte qui permet à la mairie de savoir où organiser l’accueil. Dans les collèges et lycées, il n’existe pas d’obligation d’accueil comparable : les établissements informent les familles au cas par cas.
Où manifester
Les lieux et horaires sont fixés localement. À Lyon, par exemple, le SNES annonce un départ à 11 h place Jean-Macé en direction de la place Guichard. Pour les autres villes, il faut consulter les sections départementales des syndicats.
Le calendrier de la semaine
Cette journée intervient après la grève interprofessionnelle du 5 novembre, dont nous avons publié le bilan chiffré, la mobilisation de ce samedi 7 novembre (parcours à Paris) et la conférence sociale de lundi 9 novembre à Matignon. Le 5 novembre, le ministère avait compté 15,81 % d’enseignants grévistes ; le SNES revendiquait 52 % dans les collèges, lycées et CIO.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Confirmé : la date, les organisations signataires et les revendications (communiqués SUD éducation et SNES-FSU, franceinfo) ; les règles d’accueil dans le premier degré (site du ministère).
Pas confirmé : le taux de grévistes attendu mardi (aucune estimation officielle publiée) et l’exclusion de la fonction publique de la conférence sociale, avancée par un syndicat seulement.
Sources : SUD éducation, SNES-FSU, franceinfo, ministère de l’Éducation nationale, FSU-SNUipp 47, SNES Lyon.
