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Nouvelle-Zélande : législatives à égalité, la coalition de Luxon à 67 sièges sur 131

Le Beehive et le Parlement néo-zélandais à Wellington
Photo : Daderot / Wikimedia Commons, licence CC0

Les élections législatives du samedi 7 novembre en Nouvelle-Zélande n’ont pas désigné de vainqueur net : selon les résultats provisoires de la commission électorale, le Parti travailliste de Chris Hipkins (29,36 %) et le Parti national du Premier ministre Christopher Luxon (29,21 %) sont à égalité en voix, mais la coalition de droite sortante obtiendrait 67 sièges sur 131, soit deux de plus que la majorité. Les résultats officiels, qui intégreront les « votes spéciaux », sont attendus le vendredi 27 novembre, d’après le site officiel des résultats électoraux néo-zélandais.

Les chiffres provisoires, parti par parti

La totalité des bureaux de vote a été dépouillée dans la nuit. D’après les chiffres de la commission électorale repris par la BBC et par le site de suivi OpinionScope, la répartition provisoire est la suivante :

  • Parti national (centre droit, Luxon) : 29,21 % des voix, 42 sièges ;
  • Parti travailliste (centre gauche, Hipkins) : 29,36 %, 36 sièges ;
  • Verts : 13,30 %, 16 sièges ;
  • ACT (libertarien, allié de Luxon) : 10,92 %, 13 sièges ;
  • NZ First (populiste, allié de Luxon) : 9,78 %, 12 sièges ;
  • Opportunity : 5,96 %, 7 sièges ;
  • Te Pāti Māori : 0,57 %, 5 sièges (grâce aux circonscriptions maories).

Le Parlement compterait 131 élus, huit de plus que l’assemblée sortante selon la BBC, à cause des sièges supplémentaires (« overhang ») qu’engendre le système proportionnel mixte quand un parti gagne plus de circonscriptions que sa part de voix ne lui en donne. Il faut donc 66 sièges pour être majoritaire. Le bloc National–ACT–NZ First en totalise 67 ; l’opposition Travaillistes–Verts–Te Pāti Māori, 57 ; Opportunity, 7.

Pourquoi on parle d’égalité alors que la droite a la majorité

Le paradoxe tient au mode de scrutin. Les électeurs votent deux fois : pour un candidat de circonscription et pour un parti. C’est le vote de parti qui fixe la taille de chaque groupe, et sur ce point les deux grands partis ne sont séparés que de quelques milliers de voix. Mais la répartition entre petits partis profite à la droite : ACT et NZ First font ensemble plus de 20 %, quand les Verts plafonnent à 13 %.

La campagne a été dominée par la hausse du coût de la vie et par la défiance envers les deux partis traditionnels, selon l’agence Reuters reprise par Boursorama.

Ce qu’ont dit Luxon et Hipkins

Devant ses partisans à Auckland, Christopher Luxon a estimé que son parti restait le premier du Parlement et qu’il avait « un espace pour former le prochain gouvernement », tout en jugeant le résultat encore « trop serré pour être décisif », rapporte Le Monde. Il continuera à diriger le gouvernement jusqu’au décompte final. Chris Hipkins a, lui, appelé à la prudence et prévenu que le prochain Parlement imposerait à tous de faire des compromis, selon la BBC. D’après Le Monde, il a reconnu que son parti ne serait probablement pas en mesure de participer au prochain gouvernement.

La BBC note aussi que plusieurs poids lourds du Parti national risquent de perdre leur circonscription, dont la ministre des Finances Nicola Willis, le président du Parlement Gerry Brownlee et le ministre de la Défense Paul Goldsmith. Ces élus peuvent toutefois revenir par la liste de leur parti.

Ce qui peut encore changer d’ici au 27 novembre

Les « votes spéciaux » (électeurs de l’étranger, personnes ayant voté hors de leur circonscription, inscriptions tardives) ne sont pas encore comptés. Ils seront intégrés aux résultats officiels annoncés le 27 novembre. Avec une majorité de deux sièges seulement, un léger glissement de quelques dixièmes de point peut faire basculer un siège d’un bloc à l’autre. Les négociations sérieuses ne commenceront qu’après, a prévenu Christopher Luxon cité par la BBC.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Confirmé : les pourcentages et le nombre de sièges provisoires (commission électorale, repris à l’identique par la BBC et OpinionScope) ; la date des résultats officiels, le 27 novembre (site officiel) ; les déclarations des deux chefs de parti (BBC, Le Monde).
Pas confirmé : la composition du futur gouvernement. Aucun accord de coalition n’est annoncé, et le total de 67 sièges est une addition arithmétique, pas un pacte signé.

Sources : Electoral Commission (Nouvelle-Zélande), BBC, Le Monde, Reuters via Boursorama, OpinionScope.