Séance agitée jeudi à New York. Le Nasdaq a reculé de 2,60 %, le Nasdaq 100 de 2,90 % et le S&P 500 de 1,21 %, à 7 663,4 points. Le Dow Jones, moins exposé à la technologie, a fini stable (+0,02 %). En cause : le retour des doutes sur la rentabilité des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle, ravivés par les résultats de Meta.
Meta : des ventes record, mais des dépenses qui inquiètent
Sur le papier, le trimestre de Meta est excellent : le chiffre d’affaires a bondi de 26 %, à 64,6 milliards de dollars. Mais le groupe de Mark Zuckerberg a dépensé environ 35 milliards de dollars en investissements au troisième trimestre, essentiellement dans les centres de données, ce qui a fait passer son flux de trésorerie disponible en territoire négatif (−2,1 milliards). Pour 2026, l’enveloppe prévue atteint 135 à 145 milliards de dollars.
Le groupe a aussi évoqué la création d’une nouvelle catégorie d’actions sans droit de vote et la nécessité de lever des « centaines de milliards » de dollars dans les prochaines années. Les investisseurs ont sanctionné : l’action a perdu 6,98 %, à 648,85 dollars. Une semaine difficile pour le groupe, déjà condamné à verser 25 milliards de dollars au Nouveau-Mexique.
Les semi-conducteurs dans la tourmente
La crainte d’un ralentissement des commandes a touché toute la chaîne de l’IA. L’indice des semi-conducteurs SOX a chuté d’environ 6 %. Lam Research a perdu 12 %, AMD 8 %, Nvidia 4,4 % et Amazon 4,47 %. À l’inverse, Lockheed Martin a gagné 7 % après l’annonce d’une commande de 850 avions de combat F-35.
Autre forte baisse, celle de Moderna (−17,6 %), après la publication anticipée des résultats de son vaccin contre le mélanome, jugés en deçà des espoirs de certains analystes.
Taux et pétrole en hausse
Le contexte macroéconomique n’a pas aidé. Le rendement des emprunts d’État américains à dix ans est monté à 4,96 %, au plus près du seuil symbolique de 5 %, ce qui renchérit le financement des entreprises et pèse sur la valorisation des valeurs de croissance. Le Brent a gagné environ 4 %.
Pourquoi c’est important pour les épargnants français
Les grandes valeurs technologiques américaines pèsent lourd dans les fonds indiciels (ETF) « monde » ou « S&P 500 » détenus via un PEA, une assurance-vie ou un compte-titres. Une correction de l’IA se répercute donc directement sur ces placements. Les analystes restent partagés : certains y voient une respiration saine après des mois de hausse, d’autres le signe que le marché exige désormais des preuves de rentabilité. Les prochaines publications des autres géants de la tech donneront le ton.
Sources : Boursorama, Zonebourse, Reuters, Meta (communiqué de résultats).
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