L’Iran se dit prêt à rouvrir le détroit d’Ormuz en deux jours si les États-Unis acceptent ses conditions, a déclaré ce lundi 2 novembre 2026 le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, lors d’un point presse à Téhéran. Dans la foulée, le baril de Brent a reculé de plus de 4 % sur les marchés, selon Reuters, repris par Boursorama. Aucune réouverture n’est actée : tout dépend de la réponse de Washington, et nous n’avons trouvé aucune réponse officielle américaine lundi après-midi.
Ormuz : l’essentiel
- L’offre : rétablir la sécurité dans le détroit et relancer les négociations « dans un délai très court », en deux jours, si les demandes iraniennes sont satisfaites (Esmaïl Baghaï, cité par l’AFP dans Sud Ouest).
- Les conditions : un cessez-le-feu sur tous les fronts de la région, le dégel des avoirs iraniens à l’étranger, la levée des sanctions sur le pétrole iranien et la fin du blocus naval américain de ses ports.
- Le pétrole : le Brent perdait 4,2 %, à 108,64 dollars le baril, à 11h20 (heure de Paris) ; le brut américain WTI cédait aussi 4,2 %, à 99,71 dollars.
- La suite : des messages s’échangent par l’intermédiaire de médiateurs, notamment qatariens ; aucune date de rencontre directe n’est fixée.
Ce que Téhéran demande exactement
Selon la dépêche de l’AFP publiée par Sud Ouest, l’Iran conditionne la réouverture à quatre points : un cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts régionaux, le dégel de ses avoirs détenus à l’étranger, la levée des sanctions qui frappent son secteur pétrolier et la fin du blocus naval américain contre ses ports. Ces exigences figuraient déjà dans un protocole d’accord irano-américain conclu en juin, après le cessez-le-feu d’avril, avant que cette entente ne vole en éclats pendant l’été.
Dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ajouté deux demandes dans un entretien à Al Jazeera, toujours selon l’AFP : que Washington accepte le « nouvel itinéraire » de transit convenu entre l’Iran et Oman dans le détroit, et qu’il réduise les effectifs militaires récemment déployés dans la région. Esmaïl Baghaï présente le délai de deux jours comme « un signe supplémentaire de la bonne foi de l’Iran ».
Pourquoi c’est différent du plan de septembre
Ce n’est pas la première proposition. En septembre, l’Iran avait déjà présenté, via le Qatar, un plan de réouverture en sept jours, que le président américain Donald Trump avait rejeté tout en laissant la porte ouverte à des discussions indirectes, rappelle l’AFP. La nouveauté tient au délai, raccourci à deux jours, et au contexte : selon Reuters, des négociateurs iraniens et des médiateurs qatariens en étaient lundi à leur troisième journée de pourparlers, et un projet de proposition circulait.
Les signaux restent contradictoires. Samedi, Donald Trump a déclaré qu’il lui restait à « s’occuper » d’un ou deux sites nucléaires en Iran, et les menaces américaines et israéliennes se sont intensifiées ces derniers jours, à la veille des élections de mi-mandat américaines du mardi 3 novembre. Fin octobre, Ouelen avait relayé l’attaque de quatre pétroliers dans le détroit selon l’Iran et la promesse de riposte du guide suprême Mojtaba Khamenei.
Ce que ça change pour vous
Le détroit d’Ormuz est le principal point de passage du pétrole du Golfe, et les perturbations du trafic depuis le début de la guerre, le 28 février, ont fait flamber les cours : Téhéran revendique le contrôle de cette voie et cible régulièrement les navires qui la traversent sans son autorisation, selon l’AFP. Selon le directeur général de la compagnie pétrolière d’Abou Dhabi ADNOC, cité par Reuters, le monde a puisé près d’un milliard de barils dans ses stocks depuis que le trafic est perturbé. Le Brent avait terminé octobre à son plus haut niveau depuis six mois.
- À la pompe : une baisse du baril sur une seule séance ne se traduit pas mécaniquement par une baisse immédiate du gazole ou de l’essence, dont le prix dépend aussi des taxes et du cours des produits raffinés. Les baisses récentes à la pompe viennent surtout de décisions des distributeurs et de l’État, comme celle annoncée par E.Leclerc sur le gazole.
- Si l’accord échoue : certains analystes restent pessimistes. Goldman Sachs a relevé dimanche ses prévisions et juge que le Brent pourrait grimper à 140 dollars en 2027 si la production du Golfe restait faible, selon Reuters.
- Si l’accord aboutit : aucune source ne chiffre à ce stade l’effet d’une réouverture sur les prix à la pompe en France ; nous ne l’avançons donc pas.
Confirmé, pas confirmé
| Confirmé | Pas confirmé |
|---|---|
| L’offre iranienne d’une réouverture en deux jours, sous conditions (porte-parole Baghaï, AFP) | Une réponse officielle de Washington |
| La liste des conditions iraniennes (AFP) | Une date de réouverture effective |
| La baisse du Brent de 4,2 % lundi matin (Reuters) | Un effet durable sur les prix à la pompe |
Ce qu’Ouelen a vérifié
Nous avons comparé la dépêche AFP publiée par Sud Ouest, qui détaille les conditions iraniennes, avec l’article de RFI sur la même annonce et la dépêche Reuters reprise par Boursorama pour les cours du pétrole. Les deux premières concordent sur le délai de deux jours et le caractère conditionnel de l’offre. Les cours cités sont ceux de 11h20 (heure de Paris) et ont pu bouger depuis. Nous n’avons trouvé aucune réaction officielle de la Maison-Blanche à cette proposition précise.
Sources : Sud Ouest (AFP), RFI, Boursorama (Reuters).
Photo d’illustration : US Navy (photo officielle) / Wikimedia Commons, domaine public.



















