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France Libre : 1,2 milliard d’euros de catapultes américaines commandées

Le porte-avions Charles de Gaulle en mer, auquel succédera le France Libre
Photo : U.S. Marine Corps photo by Maj. Joshua Smith / Wikimedia Commons, licence Public domain

La France a bien commandé les trois catapultes électromagnétiques américaines de son futur porte-avions, le France Libre, pour environ 1,2 milliard d’euros. La commande a été notifiée à l’industriel General Atomics, a révélé Mer et Marine, et le choix est assumé par la Marine nationale et les rapporteurs budgétaires interrogés par 20 Minutes.

Pourquoi il y avait un doute

Mi-août, Donald Trump avait déclaré vouloir revenir aux catapultes à vapeur pour les futurs porte-avions américains, jugeant cette technologie « plus fiable ». Or la France dépend des États-Unis pour le système électromagnétique, appelé EMALS. Si l’US Navy l’abandonnait, la chaîne de production et de maintenance pouvait être menacée.

La Marine répond qu’« aucun risque technique ou industriel particulier n’est identifié » : trois porte-avions américains, l’USS Gerald R. Ford en service, l’USS John F. Kennedy et l’USS Enterprise en construction, en sont équipés. La filière restera donc active pendant des décennies, selon elle.

Ce que la catapulte électromagnétique change

  • Trois catapultes au lieu de deux sur le Charles de Gaulle, grâce au gain de place par rapport à la vapeur.
  • Un temps de lancement divisé par deux environ pour une vingtaine d’aéronefs, selon la Marine, car la remise en batterie est plus rapide.
  • Tous types d’appareils, du Rafale F5 aux drones longue portée, l’énergie étant réglée appareil par appareil, ce qui fatigue moins les cellules.

Ce que ça représente pour l’industrie française

Le programme est estimé entre 10 et 12 milliards d’euros. Les catapultes pèsent environ 10 % de la facture, une large part des achats faits à l’étranger. Pour le reste, « plus de 90 % des achats nécessaires au programme seront réalisés en France », auprès d’environ 800 fournisseurs dont plus de 600 PME et ETI, indique Naval Group. La construction aura lieu à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), pour une entrée en service prévue en 2038.

Pour les sous-traitants, c’est un carnet de commandes sur plus de dix ans. Pour le budget de l’État, c’est l’un des plus gros programmes de la décennie, dans un contexte de discussions serrées sur les finances publiques.

La question de la dépendance

Le député François Cormier-Bouligeon (Ensemble), rapporteur du budget de la Défense, rappelle que les catapultes à vapeur actuelles sont déjà américaines et que la coopération « n’a jamais fait défaut ». Le député du Var Yannick Chenevard juge un retour à la vapeur « irresponsable » côté américain. La perspective d’une technologie française de catapulte reste lointaine.

Ce qu’Ouelen a vérifié

  • Confirmé : commande notifiée à General Atomics (Mer et Marine), montant d’environ 1,2 Md€ et coût total de 10 à 12 Md€ (20 Minutes).
  • Confirmé : part d’achats en France et nombre de fournisseurs (Naval Group, cité par 20 Minutes).
  • Estimation : le montant exact du contrat n’a pas été publié officiellement par le ministère des Armées.

Sources : Mer et Marine, 20 Minutes.

Photo d’illustration : U.S. Marine Corps photo by Maj. Joshua Smith / Wikimedia Commons, licence Public domain.