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Jensen Huang et l’« espionne » présumée : Nvidia dément, le Congrès le convoque

Le siège de Nvidia à Santa Clara, en Californie
Photo : Coolcaesar / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Le patron de Nvidia, Jensen Huang, est appelé à s’expliquer à huis clos devant trois commissions de la Chambre des représentants américaine, qui lui proposent la date du 18 novembre 2026, sur ses liens avec Alice Huang, une dirigeante d’entreprise que des médias américains présentent comme un agent du renseignement chinois. Nvidia dément tout partage d’informations sensibles, et Pékin parle de « spéculations sans fondement ».

Ce que rapportent la presse américaine et britannique

L’affaire s’est construite en dix jours, rappelle Axios. Le 29 octobre, le New York Times révèle une « relation étroite » entre Jensen Huang et Alice Huang (sans lien de parenté), ancienne cadre de Megaspeed International, et indique que les autorités américaines s’inquiètent de ses liens avec le renseignement chinois. Le 31 octobre, le Wall Street Journal écrit que les services américains, singapouriens et taïwanais la soupçonnent d’espionnage. Le 6 novembre, le New York Times et le Financial Times affirment qu’elle aurait été recrutée par le ministère chinois de la Sécurité d’État précisément pour approcher le patron de Nvidia. Le FT évoque aussi une relation sentimentale, mentionnée selon lui dans une note du renseignement américain (Les Numériques).

Le but supposé, toujours selon ces médias : pousser Jensen Huang à plaider à Washington pour des autorisations d’exportation plus larges de ses puces d’intelligence artificielle vers la Chine. Personne n’a été inculpé.

Megaspeed, l’autre volet

La société Megaspeed fait par ailleurs l’objet d’une enquête sur un possible contournement des restrictions américaines. L’une de ses filiales en Malaisie a acheté au moins 4,8 milliards de dollars d’équipements à base de puces Nvidia entre juin 2024 et février 2026 ; les autorités cherchent à savoir si une partie a fini chez des clients chinois (Les Numériques, Le Figaro). Nvidia dit avoir contrôlé ces ventes et n’avoir trouvé aucune preuve de transfert interdit.

Ce que demande le Congrès

Dans une lettre du 5 novembre, les présidents républicains des commissions des Affaires étrangères (Brian Mast), du comité spécial sur la Chine (John Moolenaar) et du renseignement (Rick Crawford) demandent à Jensen Huang une audition conjointe à huis clos, sur ses échanges avec Alice Huang et sur les protections de Nvidia contre l’espionnage. Ils lui proposent le 18 novembre et lui demandent d’accepter ou de proposer une autre date d’ici le 11 novembre, selon le communiqué de la commission des Affaires étrangères. Côté démocrate, le sénateur Chris Coons promet lui aussi une enquête (Axios).

Les démentis

Nvidia répète que les échanges entre les deux personnes n’avaient « rien d’inhabituel » pour un contact d’affaires et qu’aucune information sensible n’a été transmise (Les Numériques). Le ministère chinois des Affaires étrangères rejette toute implication.

Pourquoi c’est important au-delà des États-Unis

Nvidia fournit l’essentiel des puces utilisées pour entraîner les modèles d’IA et pèse lourd dans les indices boursiers, donc dans de nombreux placements d’épargne (lire ce que les secousses de la tech changent pour votre épargne). L’administration Trump a fait de la course à l’IA face à la Chine une priorité, et son patron est réputé proche du président américain.

Ce qu’Ouelen a vérifié

  • La date du 18 novembre et l’échéance du 11 novembre viennent du communiqué officiel de la commission des Affaires étrangères de la Chambre.
  • La relation sentimentale et le recrutement par le renseignement chinois sont des informations de presse (NYT, FT, WSJ) : elles ne sont confirmées ni par une inculpation ni par une déclaration officielle.
  • Les démentis de Nvidia et de Pékin sont rapportés tels que publiés.

Sources : House Foreign Affairs Committee, Axios, Les Numériques, Le Figaro.

Photo d’illustration : Coolcaesar / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.