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Duralex repris par Cédric Meston : le tribunal d’Orléans valide l’offre, 155 emplois sur 220 conservés

Un verre Duralex, modèle Cigogne
Photo : Francesc Fort / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

La verrerie aux célèbres verres « incassables » a trouvé son repreneur. Le tribunal de commerce d’Orléans a validé le mercredi 14 octobre 2026 le projet de reprise de Duralex porté par l’entrepreneur Cédric Meston, via sa holding Tomé. L’offre retenue prévoit la sauvegarde de 155 des quelque 220 emplois du site historique de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret.

Un plan de financement de 16 millions d’euros

« C’est gagné ! Nous sommes les nouveaux propriétaires de Duralex », s’est félicité Cédric Meston auprès de l’AFP, évoquant « une vraie responsabilité ». Le projet repose sur un plan de financement de 16 millions d’euros, dont 6 millions de soutiens publics sous forme de prêts des collectivités locales et de financements de l’État. Le milliardaire Xavier Niel, à travers sa holding NJJ Capital, est également associé à l’opération.

Les 155 emplois repris représentent plus de 70 % des postes en CDI. Selon L’Humanité, une soixantaine de postes sont supprimés. Pour les salariés concernés, la question de l’accompagnement (reclassement, indemnités) sera désormais au cœur des discussions avec le repreneur et les mandataires judiciaires.

Qui est Cédric Meston ?

L’entrepreneur est connu comme cofondateur de HappyVore, une start-up qui commercialise des substituts végétaux à la viande, et pour avoir repris Tupperware France en 2025. Avec Duralex, il ajoute à son portefeuille une deuxième marque patrimoniale des arts de la table, très présente dans les cuisines et les cantines françaises. Selon La Nouvelle République, le repreneur affiche l’ambition de « faire le verre le plus vert au monde », un enjeu central pour une industrie très consommatrice d’énergie.

Une cinquième procédure en une vingtaine d’années

L’histoire de Duralex est mouvementée. L’entreprise avait été placée en redressement judiciaire le 1er juin 2026, pour la cinquième fois en une vingtaine d’années. Ce nouveau coup dur intervenait moins de deux ans après la reprise de la verrerie par ses salariés, réunis en coopérative en 2024, une solution saluée à l’époque comme un symbole de sauvetage industriel. Les coûts de l’énergie et la concurrence internationale sont régulièrement cités parmi les difficultés d’un secteur très exposé.

Ce que cela change pour les consommateurs

Pour les acheteurs, la reprise garantit d’abord la continuité de la production à La Chapelle-Saint-Mesmin : les verres Picardie, les assiettes et les bols en verre trempé de la marque devraient continuer à être fabriqués dans le Loiret. Le nouveau propriétaire devra toutefois convaincre la grande distribution et la restauration collective, débouchés historiques, mais aussi relancer la marque auprès d’une clientèle plus jeune, sensible à l’argument du « durable » et du fabriqué localement.

Notre lecture

Le dossier Duralex illustre la difficulté de maintenir en France une industrie verrière grand public, très exposée aux prix de l’énergie. La présence d’investisseurs privés solides et de prêts publics donne au projet une assise financière que la coopérative n’avait pas réussi à réunir. Il reviendra à Tomé de montrer, dans les prochains mois, que ce cinquième sauvetage peut être le dernier.

Source : franceinfo avec AFP, 14 octobre 2026 ; BFM Business ; L’Humanité ; La Nouvelle République.

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