Attendu depuis neuf ans, le Tesla Roadster de deuxième génération a enfin été montré en conditions réelles. Elon Musk l’a présenté dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 octobre 2026 (heure de Paris) sur le site d’essais de moteurs de fusée de SpaceX à McGregor, près de Waco, au Texas. La particularité de ce modèle tient en un mot : des propulseurs, développés avec les équipes de la société spatiale du milliardaire.
Une démonstration digne d’un film d’action
Devant le public, la voiture de démonstration a gravi une rampe inversée, tourné sur elle-même puis s’est posée au sol. Elle a aussi sauté par-dessus une rangée de véhicules de la marque (Cybercab, Cybertruck, Semi, Model Y et Model 3), selon TechCrunch et Frandroid. « C’est l’aboutissement d’un travail incroyable des ingénieurs de Tesla et de SpaceX, qui ont travaillé main dans la main pour réaliser quelque chose que vous n’avez vu dans aucun film, mieux que n’importe quelle voiture de James Bond », a lancé Elon Musk.
Techniquement, le prototype embarquait dix buses alimentées par environ 600 litres d’air comprimé stockés dans des réservoirs en fibre de carbone, une technologie de réservoirs sous pression issue du spatial. La poussée annoncée dépasse 80 kN, soit environ un dixième de celle d’un moteur de fusée Falcon 9, selon Frandroid. Un système de ventilateurs et de jupes aspire en outre l’air sous la caisse pour plaquer la voiture au sol.
0 à 96 km/h en 0,81 seconde, sur le chrono de Tesla
Le chiffre phare, un 0 à 60 mph (96 km/h) en 0,81 seconde, a été réalisé en direct, propulseurs allumés, sur la piste de Tesla et mesuré par le constructeur lui-même. Tesla décline le modèle en trois versions :
- Performance : biplace routière, sans propulseurs, moins de 1,6 seconde de 0 à 96 km/h ;
- Thrust : série limitée orientée piste, avec propulseurs à gaz froid à l’arrière, moins de 0,9 seconde ;
- Rocket : monoplace sur invitation uniquement, avec propulseurs tout autour de la caisse, capable de décoller ; Tesla précise qu’elle n’est pas homologuée pour la voie publique.
Le constructeur annonce une autonomie de plus de 480 km et une production en 2028. Aucun prix de vente n’a été communiqué. Les réservations sont ouvertes : 50 000 euros pour la Performance et 250 000 euros pour la Thrust en France, selon Frandroid, des montants d’acompte et non des prix. Elon Musk a lui-même reconnu que la voiture n’était « pas forcément optimisée pour la sécurité ».
Une vitrine pour l’alliance Tesla-SpaceX
Au-delà de l’objet, destiné à une clientèle fortunée, la présentation met en scène la proximité industrielle entre les deux entreprises d’Elon Musk. Elle relance les spéculations sur un rapprochement capitalistique : Les Echos relèvent que la nouvelle Tesla « nourrit l’idée d’une fusion avec SpaceX », une hypothèse que des analystes de Barclays jugent possible avant décembre, selon Investing.com. Ni Tesla ni SpaceX n’ont confirmé de projet en ce sens.
Côté spatial, SpaceX poursuit sa cadence : une Falcon 9 a lancé jeudi la mission militaire USSF-481 depuis la base de Vandenberg, en Californie, et le prochain vol de la fusée géante Starship (Flight 15) est envisagé au plus tôt le 8 novembre, selon NASASpaceFlight. Le Roadster lui-même revient de loin : dévoilé en 2017 avec la promesse de livraisons rapides, il avait été reporté à de multiples reprises.
Sources : TechCrunch, 15 octobre 2026 ; Frandroid, 16 octobre 2026 ; site de Tesla (réservations) ; Les Echos ; Investing.com ; SpaceX (calendrier des lancements) ; NASASpaceFlight.






