La tension monte encore d’un cran dans le Golfe. Ce samedi 17 octobre, les Gardiens de la révolution, la principale force armée iranienne, ont affirmé qu’un superpétrolier avait pris feu dans le détroit d’Ormuz après avoir heurté une mine. Dans le même temps, l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO a fait état de deux tankers touchés la veille au large de l’Arabie saoudite. Cette escalade intervient alors que Washington a déjà évoqué des options militaires lourdes contre Téhéran, comme nous le rapportions jeudi.
Ce que revendique l’Iran
Selon le communiqué des Gardiens, relayé par l’AFP, le navire transportait plus de deux millions de barils de brut et tentait de franchir le détroit sans l’autorisation de Téhéran ; il aurait, selon eux, coupé ses systèmes de localisation et bénéficié du soutien de l’armée américaine. Le communiqué évoque « une explosion et un violent incendie », sans préciser le lieu exact, et s’accompagne d’une vidéo nocturne d’un navire en flammes. Ni le nom du bateau ni son pavillon n’ont été confirmés de source indépendante à ce stade.
Deux tankers visés près de Jubail
À plusieurs centaines de kilomètres de là, l’UKMTO rapporte que deux pétroliers ont été touchés vendredi au nord-est de la ville saoudienne de Jubail. Le premier, à 68 milles marins des côtes, a été frappé par un projectile d’origine inconnue et son équipage, sain et sauf, a été évacué. Le second, à 78 milles, a été visé par un tir de lance-roquettes depuis une petite embarcation. La société de sécurité Vanguard identifie l’un des navires comme le ST3, sous pavillon des Îles Marshall, victime d’une coupure de courant et d’un incendie en salle des machines ; son équipage a été recueilli par un porte-conteneurs émirien. Aucun auteur n’a été formellement identifié.
Pourquoi ce détroit compte autant
Large d’une trentaine de kilomètres à son point le plus étroit, entre l’Iran et le sultanat d’Oman, le détroit d’Ormuz voyait transiter avant la guerre environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Téhéran en revendique désormais le contrôle et cible les navires qui le traversent sans son accord ; en réponse, les États-Unis imposent un blocus naval aux ports iraniens et escortent des pétroliers. D’après une analyse du Financial Times fondée sur les données de l’UKMTO, au moins 24 navires ont été touchés dans les deux semaines précédant le 11 octobre.
Le pétrole et le gaz au plus haut depuis des mois
- Brent (livraison décembre) : +3,72 % vendredi, à 109,86 dollars le baril, après avoir brièvement dépassé 110 dollars pour la première fois depuis mai.
- WTI américain : +3,51 %, à 101,41 dollars.
- Gaz européen (TTF néerlandais) : 88,76 euros le mégawattheure, un niveau rarement vu depuis 2022.
Pour les automobilistes français, une flambée durable du brut finit en général par se répercuter à la pompe avec quelques semaines de décalage. Les gros rouleurs peuvent toujours compter sur l’aide de 100 euros, prolongée jusqu’à fin 2026. La suite dépendra de l’attitude de Washington : selon les analystes de Briefing.com cités par BFMTV, les marchés envisagent une intensification des actions militaires américaines contre l’Iran après les élections de mi-mandat.
Sources : Gardiens de la révolution (communiqué relayé par l’AFP), UKMTO, Vanguard, Financial Times, BFMTV, franceinfo, 20 Minutes.






