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Mobilisation du 17 octobre : office de tourisme incendié à Lyon, mairie de Marseille envahie, 272 interpellations en France à 15 heures

Le pavillon de l'office de tourisme sur la place Bellecour, à Lyon, avant les dégradations du 17 octobre (photo d'archives)
Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Après une matinée faite de blocages et d’actions dispersées, que nous avions détaillée à la mi-journée, la journée de mobilisation du samedi 17 octobre a pris un autre visage dans l’après-midi. Les grands cortèges se sont formés dans la plupart des villes, souvent dans le calme, mais de violents heurts ont éclaté à Paris, Lyon, Marseille et Bordeaux. Voici ce qui a changé depuis notre précédent point.

272 interpellations à 15 heures, des cortèges de 10 000 à 20 000 personnes

Selon le ministère de l’Intérieur, 272 interpellations avaient été réalisées sur l’ensemble du territoire à 15 heures, contre 166 à midi. À la mi-journée, l’entourage de Laurent Nuñez recensait 140 actions réunissant environ 32 800 personnes en province. En milieu d’après-midi, le ministère comptait 20 000 manifestants à Lyon et à Nantes et 10 000 à Rennes, d’après Le Parisien. À Bordeaux, la préfecture annonçait 7 000 participants. Pour mémoire, une note des renseignements évoquait avant la journée 60 000 à 110 000 personnes attendues hors Paris, comme nous l’indiquions ce matin. Le bilan national de participation n’a pas encore été publié.

Une interpellation ne préjuge en rien d’une éventuelle condamnation : les suites judiciaires seront décidées par les parquets dans les prochains jours.

Paris : barricades autour de la République, le cortège arrivé à Clichy

Le cortège principal, qui réunissait lycéens, étudiants, militants syndicaux et politiques et quelques gilets jaunes, s’est élancé vers 14h30 de la place de la République en direction de la place de Clichy. Dans les rues voisines, plusieurs centaines de personnes cagoulées ont affronté les forces de l’ordre, qui ont répondu par des gaz lacrymogènes et un engin lanceur d’eau. Des barricades faites de vélos en libre-service ont été incendiées et plusieurs véhicules ont brûlé. À 14 heures, la préfecture de police dénombrait 133 interpellations dans la capitale, essentiellement pour groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations, selon l’AFP. Elle soulignait aussi que la très grande majorité des participants défilaient sans heurt.

Lyon, Marseille, Bordeaux : bâtiments publics et commerces visés

  • Lyon : le pavillon de l’office de tourisme, place Bellecour, a été saccagé puis incendié en début d’après-midi. La préfecture du Rhône a indiqué que les pompiers étaient empêchés d’accéder au feu et que des manœuvres de dispersion étaient engagées. Plusieurs magasins ont été pillés et un commerce incendié place des Jacobins, selon Le Figaro. Le maire, Grégory Doucet, a fermement condamné ces violences contre un bien commun.
  • Marseille : plusieurs dizaines de personnes ont forcé la porte de l’hôtel de ville, sur le Vieux-Port, et pénétré dans le hall avant d’être repoussées. Un poste de police municipale du 3e arrondissement a été dégradé et des boutiques ont été vandalisées sur la Canebière, dont une enseigne de sport pillée puis incendiée rue Saint-Ferréol. Le maire, Benoît Payan, affirme avoir obtenu des renforts, passés d’une à cinq compagnies, après avoir appelé le chef de l’État, le Premier ministre et le ministre de l’Intérieur.
  • Bordeaux : un fourgon de CRS a été pris à partie avec des pavés, les vitrines de la chambre de commerce et d’industrie de Nouvelle-Aquitaine ont été brisées et la façade du musée national des Douanes taguée.
  • Saint-Nazaire a également connu des affrontements, selon Ouest-France.

À l’inverse, les défilés se sont déroulés dans le calme à Brest, Montpellier, Caen, Rouen, Bayonne ou encore Clermont-Ferrand, où La Montagne a compté environ 2 500 personnes.

Une classe politique divisée

L’entourage du ministre de l’Intérieur attribue les violences à une forte mobilisation de l’ultragauche, avec des groupes de type black bloc à Paris, Marseille, Rennes, Toulouse ou Angers. Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, estime sur X que seuls « les professionnels du chaos » étaient dans la rue, selon des propos rapportés par franceinfo, et Marine Le Pen accuse l’extrême gauche d’avoir pris en otage des revendications sociales qu’elle juge légitimes. À gauche, Jean-Luc Mélenchon salue des dizaines de milliers de manifestants pacifiques et critique la place donnée aux images de violence, tandis que l’écologiste Marine Tondelier demande au gouvernement de revoir sa doctrine de maintien de l’ordre, jugée dangereuse pour les manifestants comme pour les policiers. Benoît Payan, lui, estime que les casseurs servent le discours de l’extrême droite.

Ce qu’il faut retenir

La journée confirme le double visage du mouvement : des cortèges importants et majoritairement pacifiques en régions, et des violences concentrées dans quelques grandes villes, malgré le dispositif renforcé et l’autorisation des LBD et grenades assourdissantes annoncée vendredi par Laurent Nuñez. Les chiffres définitifs de participation et d’interpellations sont attendus dans la soirée.

Photo : Chabe01 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0 (photo d’archives).

Sources : ministère de l’Intérieur (bilans de 12 heures et de 15 heures), préfecture de police de Paris (via l’AFP), préfecture du Rhône, franceinfo, Le Figaro, Le Parisien, Ouest-France, La Montagne, France 24.

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