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Mobilisation du 17 octobre : siège de CNews visé, blocages en régions, plus d’une soixantaine d’interpellations à Paris avant les cortèges

La statue de Marianne au centre de la place de la République, à Paris, point de départ des cortèges parisiens (photo d'illustration)
Photo : HJ Mitchell / Wikimedia Commons, licence CC BY 4.0

La journée de mobilisation du samedi 17 octobre, dont nous avions présenté les enjeux jeudi puis ce matin, a débuté bien avant les grands rendez-vous de l’après-midi. Voici ce qui s’est passé depuis l’aube et ce qui change par rapport aux annonces de la veille.

Le siège de CNews et d’Europe 1 pris pour cible à Paris

Premier fait marquant, vers 7 heures : une centaine de personnes cagoulées et vêtues de noir se sont rassemblées devant le bâtiment du 15e arrondissement qui abrite CNews et la rédaction d’Europe 1, deux médias du groupe de Vincent Bolloré. D’après la préfecture de police de Paris, citée par l’AFP, l’accès au parking a été bloqué, des projectiles ont été lancés sur la façade et des vitres brisées. Après l’intervention des forces de l’ordre, 21 personnes ont été interpellées ; il appartiendra à la justice d’établir les responsabilités de chacune.

La chaîne a réagi auprès de l’AFP en rappelant qu’« informer doit pouvoir se faire sans peur, sans intimidation et sans violence ». La veille, la ministre de la Culture, Catherine Pégard, avait déjà dénoncé des violences visant des journalistes en marge des récentes manifestations lycéennes et étudiantes.

Des cortèges « sauvages » et des dizaines d’interpellations

Dans la matinée, la préfecture de police a signalé deux cortèges non déclarés d’une centaine de personnes chacun : l’un, syndical, parti du secteur de la gare du Nord vers la rue du Faubourg-Saint-Denis, l’autre, lycéen, rue de Rennes. À 11 heures, elle faisait état de 61 interpellations, principalement pour port d’armes ou de protections prohibées. En début d’après-midi, BFMTV évoquait une centaine d’interpellations dans la capitale et l’usage de gaz lacrymogène place de la République, avant même le départ officiel des défilés.

En régions : rocades, péages et stations-service bloqués

  • Rennes : blocage de la rocade dès 7h45 avec des barricades en feu, puis des échauffourées rue de Lorient, selon la préfecture ; fortes perturbations sur le réseau STAR.
  • Marseille : une trentaine de personnes repoussées au gaz lacrymogène alors qu’elles tentaient d’accéder à la gare, et un poste de police municipale dégradé, d’après la préfecture de police. Une manifestation est prévue sur le Vieux-Port.
  • Grenoble : l’autoroute A480 bloquée et une station-service occupée.
  • Tours : plusieurs milliers de personnes place Velpeau, une station-service neutralisée.
  • Le Mans : opération « péage gratuit » sur l’A11, dans le calme.
  • Lyon : un groupe d’une quarantaine de personnes dispersé près d’un pont sur le Rhône, un autre près de la raffinerie de Feyzin.
  • Saint-Nazaire, Belfort, Poitiers : rassemblements de quelques centaines à environ 2 000 personnes, blocage du campus de Sciences Po à Poitiers.

Ce qui est prévu cet après-midi à Paris

Deux parcours partent de la place de la République en début d’après-midi : le cortège étudiant doit rejoindre la place de la Nation, celui des anciens gilets jaunes et des syndicats la place de Clichy. La préfecture a interdit tout rassemblement dans plusieurs secteurs, notamment autour de l’Élysée et de Matignon, et le ministre de l’Intérieur a autorisé l’usage des grenades assourdissantes et des LBD en cas de violences, comme nous l’avions détaillé vendredi.

Ce qu’il faut retenir

À la mi-journée, le mouvement se traduit surtout par une multitude d’actions dispersées – blocages routiers, péages, stations-service – plutôt que par de très grands rassemblements, qui restent attendus cet après-midi. La grande majorité des actions se déroulent dans le calme, mais les incidents de Paris, Rennes et Marseille donnent le ton d’une journée sous forte présence policière. Si vous devez circuler aujourd’hui, mieux vaut vérifier l’état des rocades et des transports en commun de votre ville avant de partir.

Sources : franceinfo, préfecture de police de Paris (via l’AFP), BFMTV, Le Monde.

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