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Prix alimentaires : après la sécheresse, les coopératives agricoles préviennent que les hausses vont reprendre

Fruits et légumes sur un étal de marché en France
Photo : Palmolley / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Le panier de courses pourrait encore s’alourdir. Invité de franceinfo, Dany Rochefort, vice-président de La Coopération agricole, la fédération des coopératives agricoles et agroalimentaires, a prévenu que les conséquences économiques de la sécheresse et des canicules de l’été finiraient par se répercuter sur les prix en rayon. Un avertissement qui tombe en pleine journée de mobilisation contre la vie chère, ce samedi 17 octobre 2026.

Des récoltes en chute, des coûts qui « vont exploser »

« La totalité des territoires français ont été impactés sévèrement depuis fin mai », affirme cet éleveur de porcs et céréalier des Côtes-d’Armor, dont la récolte de maïs destinée à nourrir ses animaux a chuté de 60 à 65 %. « Je vais devoir acheter davantage d’aliments, donc un coût de production qui, dans les mois qui viennent, va véritablement exploser », explique-t-il.

Les aides publiques ne suffisent pas, selon lui. Le premier plan d’urgence de 1,3 milliard d’euros présenté par le gouvernement est en grande partie consacré aux dispositifs d’assurance, auxquels tous les agriculteurs n’ont pas souscrit. En Bretagne, il estime les aides directes entre 4 500 et 5 000 euros par exploitation, « une goutte d’eau par rapport à l’immensité des pertes ».

Les négociations commerciales en ligne de mire

Le représentant des coopératives rappelle qu’en début d’année, lors des négociations annuelles avec la grande distribution, les coopératives réclamaient une hausse tarifaire d’environ 3,5 % et n’ont obtenu que 0,05 %. Depuis, l’énergie, les emballages, le transport et la main-d’œuvre ont continué de renchérir. « Nous avons déjà joué le rôle d’amortisseur », assure-t-il. Sans avancer de chiffre pour 2027, il prévient que les prochaines négociations, qui s’ouvrent en fin d’année et doivent légalement s’achever au 1er mars, devront intégrer ces surcoûts : « L’alimentation ne peut pas être la seule variable d’ajustement. »

Dix ans de hausse, des salaires à la traîne

Ces avertissements s’ajoutent à une décennie déjà marquée par l’inflation alimentaire. D’après l’indice des prix calculé par l’Insee et analysé par franceinfo, le coût de l’alimentation a progressé de près de 35 points en dix ans. Les légumes-fruits (tomates, courgettes, aubergines, concombres…) ont flambé : entre août 2016 et août 2026, leur indice a augmenté de 112 points dans l’Hexagone. En 2026, « les fruits d’été ont pris plus de 10 % à cause de la sécheresse », souligne l’agroéconomiste Jean-Marie Séronie.

Dans le même temps, l’indice du salaire mensuel de base n’a progressé que de 24 points, un écart qui s’est creusé à partir de 2023. « On n’a quasiment pas eu de gain de pouvoir d’achat sur dix ans », résume l’économiste Mathieu Plane (OFCE). Selon une enquête de l’Insee publiée en mars, les ménages ont réagi en réduisant leur consommation, en renonçant aux produits les plus chers ou en descendant en gamme.

Ce que les consommateurs peuvent surveiller

D’ici aux prochaines hausses éventuelles, les leviers restent connus : comparer le prix au kilo affiché sur les étiquettes plutôt que le prix unitaire, privilégier les fruits et légumes de saison, moins exposés aux aléas de l’importation, et regarder du côté des marques de distributeur, dont l’écart de prix avec les grandes marques reste significatif. Les effets de la sécheresse sur l’élevage pouvant durer plusieurs mois, viandes et produits laitiers seront aussi à surveiller cet hiver.

Sources : franceinfo (entretien avec Dany Rochefort, La Coopération agricole ; données Insee).

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