Nouveau coup dur pour l’Ukraine. Par un décret publié vendredi par la Maison Blanche, Donald Trump a exempté la Russie de l’application des sanctions prévues par le Graham Act, la loi adoptée par le Congrès américain et promulguée par le président lui-même à la mi-septembre. Le texte invoque l’intérêt national des États-Unis ; selon franceinfo, il y est écrit : « J’exempte l’application de telles sanctions, restrictions et droits de douane prévus dans le Graham Act ».
Ce que prévoyait le Graham Act
Cette loi constituait la première offensive majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Elle visait principalement le secteur énergétique russe, ciblait pour la première fois la flotte fantôme de pétroliers utilisée pour contourner les sanctions, et visait nommément Vladimir Poutine et d’autres hauts responsables russes. Elle autorisait aussi le président à imposer des droits de douane allant jusqu’à 100 % aux cinq principaux pays importateurs de pétrole et de gaz russes, dont la Chine et l’Inde.
Le texte porte le nom de son principal promoteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, fervent soutien de Kiev. Volodymyr Zelensky avait salué sa promulgation comme un outil capable de pousser la Russie vers la paix. Le décret présidentiel vide désormais le dispositif de sa substance, alors que la loi laissait déjà une large marge d’appréciation au président.
Ce qui est nouveau par rapport aux jours précédents
Cette décision prolonge une séquence de tensions entre Washington et Kiev que nous suivons depuis plusieurs jours. Début octobre, Donald Trump avait annoncé un accord avec Vladimir Poutine levant certaines sanctions pour permettre aux États-Unis d’importer du diesel russe. Il a ensuite dénoncé la reprise des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes. En réponse, les dirigeants européens ont refusé tout allègement des sanctions lors du sommet de Bruxelles, et Volodymyr Zelensky, qui dit s’être senti trahi par Washington, a réclamé une aide supplémentaire de plusieurs dizaines de milliards aux Européens.
Le décret franchit une étape de plus : il ne s’agit plus seulement d’assouplir des mesures existantes, mais de renoncer à appliquer un arsenal voté par le Congrès. À Moscou, Kirill Dmitriev, conseiller du Kremlin pour la coopération économique internationale, a salué une décision qu’il juge historique.
Un écart croissant avec l’Europe
Ce choix creuse encore le fossé entre Washington et l’Union européenne, qui maintient sa ligne de pression maximale sur Moscou tant que la guerre se poursuit. Il intervient aussi à quelques semaines des élections de mi-mandat américaines, dans un climat politique déjà tendu à Washington, où une partie des élus républicains avaient porté le Graham Act.
Sources : décret de la Maison Blanche ; franceinfo ; RTBF ; DH ; Les Echos (juillet 2026) ; articles précédents d’Ouelen.






