À six mois de l’élection présidentielle, la droite se cherche un champion et François Fillon a tranché. Samedi 17 octobre, à Avignon, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a annoncé son soutien à Bruno Retailleau, candidat des Républicains, rapporte 20 Minutes avec l’AFP.
Ce qu’a dit François Fillon
L’ancien chef du gouvernement s’exprimait lors du discours d’ouverture des universités du mouvement Oser la France, fondé par l’ancien député et ex-vice-président de LR Julien Aubert. Il a présenté Bruno Retailleau comme le « seul candidat crédible qui soit clairement à droite », selon 20 Minutes, en saluant la constance de ses convictions et sa capacité, selon lui, à rassembler largement les droites. Il a aussi estimé que seule cette candidature pouvait engager ce qu’il appelle un sursaut national, et mis en garde contre une campagne réduite à un spectacle. Il a enfin dressé un constat sévère de la situation du pays, en évoquant l’état des finances publiques et l’immigration, deux thèmes au cœur du projet défendu par Bruno Retailleau.
Un soutien au poids symbolique
Premier ministre de 2007 à 2012, puis candidat malheureux de la droite en 2017, François Fillon avait vu sa campagne s’effondrer après les révélations sur les emplois fictifs de son épouse, une affaire pour laquelle il a depuis été définitivement condamné. Retiré de la vie politique, il conserve une audience auprès d’une partie de l’électorat de droite, notamment chez les militants les plus attachés à une ligne libérale et conservatrice. Son intervention vise ce public, que Bruno Retailleau doit convaincre pour peser face aux autres candidatures.
Retailleau à la peine dans les sondages
Ce soutien intervient à un moment délicat pour le président des Républicains. Distancé dans les intentions de vote, il a proposé jeudi un débat à Édouard Philippe, favori du bloc central selon les enquêtes d’opinion, afin de confronter leurs projets devant les Français. La droite reste fragmentée, avec plusieurs personnalités qui se positionnent, comme le maire de Cannes David Lisnard, dont la candidature suscite l’intérêt d’une partie des élus locaux.
Pourquoi c’est important
Dans une campagne marquée par la mobilisation contre la vie chère et par les violences du 17 octobre, les questions d’ordre public et de pouvoir d’achat devraient occuper une place centrale. Bruno Retailleau, ancien ministre de l’Intérieur, compte sur son image de fermeté pour se distinguer. Le ralliement de François Fillon, qui lui apporte une caution historique plutôt qu’un appareil militant, ne suffira sans doute pas à lui seul à inverser les sondages. Il pourrait en revanche encourager d’autres figures de la droite à se positionner dans les prochaines semaines.
Sources : 20 Minutes (avec AFP), Le Monde.






