Au-delà des bilans chiffrés, la journée du 17 octobre a déclenché une vive bataille politique sur la responsabilité des violences, des pillages et des incendies de bâtiments publics. Voici, camp par camp, les principales prises de position, après notre article sur les violences de samedi soir.
Lecornu et Mélenchon se renvoient la faute
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a accusé La France insoumise, avec laquelle il multiplie les échanges tendus depuis le début de la mobilisation lycéenne, de chercher des excuses aux auteurs des violences. Sur X, il a jugé que faire porter la responsabilité aux responsables de la police relevait d’une inversion des responsabilités. En soirée, lors d’une visite à une compagnie d’intervention à Paris, il a sommé ses adversaires de « choisir son camp », entre les forces de l’ordre et les casseurs, selon 20 Minutes.
Jean-Luc Mélenchon, qui avait défilé à Paris, a répliqué en accusant le chef du gouvernement d’avoir joué la carte du pourrissement et en mettant de nouveau en cause la stratégie de maintien de l’ordre. Le candidat insoumis à la présidentielle a toutefois appelé ses soutiens à refuser toute participation aux pillages et aux saccages, qu’il juge sans signification politique. Dans l’après-midi, il avait reproché aux chaînes d’information de privilégier les images de dégradations aux cortèges pacifiques, rapporte Le Figaro.
Des élus locaux en colère, à droite comme à gauche
À Marseille, le maire divers gauche Benoît Payan a dit vouloir obtenir des explications après l’intrusion de dizaines de personnes dans l’hôtel de ville, en estimant qu’une seule compagnie de CRS était prépositionnée le matin. Il dit avoir dû appeler lui-même l’exécutif pour obtenir des renforts. Avec ses homologues de Paris et de Lyon, il réclame un rendez-vous à Matignon. À Toulouse, le maire Jean-Luc Moudenc a accusé LFI et la CGT de couvrir les casseurs et l’ultragauche, selon La Dépêche. À Limoges, où l’hôtel de ville a brûlé, les deux députés insoumis de la Haute-Vienne ont condamné fermement l’incendie dans un communiqué cité par franceinfo.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pour sa part reproché à Jean-Luc Mélenchon de publier des images de défilés joyeux sans préciser qu’ils avaient pu se tenir grâce à l’intervention des forces de l’ordre. Marine Le Pen avait dénoncé très tôt dans la journée l’action des casseurs.
JD Vance s’invite dans le débat français
Depuis Washington, le vice-président américain JD Vance a attribué samedi sur X ces violences à l’immigration et aux politiques menées par les progressistes occidentaux, en commentant une vidéo de l’incendie de la mairie de Limoges. Il a fait le lien avec les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, en affirmant que les démocrates voulaient le même avenir pour les États-Unis, selon BFMTV et 20 Minutes. Le 6 octobre, Donald Trump avait déjà tenu des propos similaires au sujet des manifestations lycéennes.
Cette lecture ne correspond pas à celle des autorités françaises : le ministre de l’Intérieur a décrit des groupes de casseurs liés selon lui à l’ultragauche et des délinquants d’opportunité venus piller, sans évoquer l’immigration. Aucun profil détaillé des 1 200 personnes interpellées n’a été rendu public à ce stade. Les prochains jours diront si la rencontre demandée par les maires débouche sur une évolution du dispositif de sécurité.
Sources : 20 Minutes (avec AFP), Le Figaro, franceinfo, BFMTV, La Dépêche.






