Ce qui est nouveau : après avoir qualifié jeudi de « honte » la reprise des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, Donald Trump est allé plus loin dimanche. Sur sa plateforme Truth Social, le président américain a écrit que Volodymyr Zelensky « ne veut pas mettre fin à cette guerre » et ne l’aurait probablement jamais voulu, en assurant que lui veut qu’elle s’arrête.
Trump justifie ses gestes envers Moscou
Le message vise à défendre une série de décisions favorables à la Russie : le décret de vendredi exemptant Moscou de nouvelles sanctions, présenté depuis par Marco Rubio comme une « pause » de 60 jours, et l’accord annoncé quelques jours plus tôt permettant aux États-Unis d’importer du diesel russe. Donald Trump affirme négocier la paix et ne pas vouloir éloigner la Russie de la table des discussions. Il relie aussi les frappes ukrainiennes sur les raffineries à la flambée du gazole, un sujet sensible à l’approche des élections de mi-mandat.
Zelensky cherche l’apaisement
Quelques heures plus tôt, le président ukrainien s’était entretenu au téléphone avec les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner. Il dit avoir évoqué la livraison de systèmes de défense antiaérienne Patriot, alors que l’Ukraine peine à intercepter les missiles russes, et s’est dit « reconnaissant » que Washington ait repris le partage de renseignement qui permet d’alerter Kiev des tirs balistiques, après trois jours d’interruption. L’échange n’a pas dissipé toutes les tensions : le secrétaire au Trésor américain a jugé « irresponsables » ses propos accusant Washington d’être à l’origine du bridage de la version militaire de Starlink en Ukraine.
Sur le terrain, la guerre de l’énergie s’intensifie
Dans la nuit de dimanche à lundi, des bombardements russes ont fait au moins un mort et plusieurs blessés à Kiev et endommagé une station de métro, selon les autorités locales. Côté russe, Saint-Pétersbourg a subi dimanche sa plus importante attaque de drones ukrainiens depuis le début de l’invasion en 2022. Les deux camps visent de plus en plus les infrastructures énergétiques de l’adversaire.
Un sommet à trois sans Kiev ?
Selon le Wall Street Journal, Vladimir Poutine a proposé à Donald Trump et à Xi Jinping de se rencontrer mi-novembre, en marge du sommet de l’APEC à Shenzhen, pour discuter d’une issue au conflit, sans l’Ukraine. Aucune confirmation officielle n’a été donnée à ce stade.
Notre regard
La ligne américaine se lit désormais à travers le prix du carburant : chaque frappe ukrainienne sur une raffinerie russe est présentée comme un coût pour l’automobiliste américain. Pour Kiev, la marge est étroite : continuer à frapper l’économie de guerre russe sans perdre l’appui, et les Patriot, de Washington. Pour les Européens, qui financent l’essentiel de l’aide à l’Ukraine, l’idée d’un tête-à-tête Trump-Poutine-Xi sans Kiev est le scénario à surveiller.
Sources : franceinfo, 20 Minutes, AFP, Truth Social, Wall Street Journal.






