Après 128 ans d’histoire sous le même nom, le groupe Casino va s’appeler Plesio. Le distributeur l’a annoncé mardi 20 octobre à ses salariés, lors d’un événement organisé à Saint-Denis, puis par communiqué. Le mot signifie « proximité » en grec, un choix censé refléter le recentrage du groupe sur les commerces de quartier et de centre-ville.
Ce qui change, et ce qui ne change pas
Seul le nom de la maison mère change. Les sept enseignes conservent leur identité : Monoprix, Franprix, Naturalia, Vival, Spar, Cdiscount et Casino, qui reste une marque de magasins présente sur un peu plus de 500 points de vente, a précisé le directeur général Philippe Palazzi à l’AFP, selon Le Progrès. Pour les clients, rien ne change donc en rayon. Le nouveau logo, bleu, sera déployé progressivement sur la communication du groupe, et le changement de dénomination sociale doit encore être approuvé par les actionnaires lors de l’assemblée générale de 2027.
À Saint-Étienne, où le groupe a son siège, la nouvelle a surpris. Le nom Casino est intimement lié à la ville : l’entreprise y a été fondée en 1898 par Geoffroy Guichard, qui a donné son nom au stade de l’AS Saint-Étienne. Casino restera d’ailleurs le sponsor principal du maillot des Verts, souligne Le Progrès.
Une vitrine pour accueillir d’autres marques
La direction présente Plesio comme une structure capable d’intégrer de nouvelles enseignes, dans le commerce de proximité mais aussi la restauration à emporter et les services. Le nouveau nom offre selon Philippe Palazzi « un écrin idéal pour pouvoir accueillir d’autres marques », a-t-il déclaré à l’AFP, cité par Challenges, sans dévoiler de projet précis. Le changement, préparé en interne depuis plusieurs mois et non destiné au grand public, n’aurait pas coûté grand-chose, selon le dirigeant.
La bataille de la proximité s’intensifie dans la distribution française : lundi, Carrefour a annoncé le rachat de Codifrance, grossiste des supérettes Coccinelle et CocciMarket (lire notre article).
Une dette encore sous pression
Le changement de nom intervient alors que la situation financière reste tendue. Le groupe, qui compte près de 6 500 commerces et 25 000 salariés, a affiché une perte nette estimée à 205 millions d’euros au premier semestre, avec une rentabilité opérationnelle en amélioration. Il doit rembourser 1,4 milliard d’euros en mars 2027 et cherche à réduire ce montant. Depuis un an, son actionnaire principal, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, et ses créanciers négocient une nouvelle restructuration de la dette ; en septembre, l’entreprise assurait que les discussions se poursuivaient en vue d’une solution consensuelle.
La précédente restructuration, il y a deux ans, avait déjà profondément transformé le groupe : 2 200 licenciements, la vente de ses hypermarchés et supermarchés et le départ de son PDG historique, Jean-Charles Naouri. Plesio hérite donc d’un groupe plus petit, centré sur les villes, et dont l’avenir dépend encore largement de l’issue des discussions avec les créanciers.
Sources : AFP via Le Progrès et Challenges (qui cite le communiqué du groupe).






