Ce qui est nouveau : samedi soir, nous rapportions l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges en marge de la mobilisation du 17 octobre (lire notre article du 17 octobre). Ce mardi matin, l’enquête a franchi une étape : un premier suspect a été interpellé et un service antiterroriste a été saisi.
Une interpellation à 6 h 15 dans le nord de la Haute-Vienne
Les policiers de l’antenne bordelaise du Raid ont interpellé un homme vers 6 h 15 à Val-d’Issoire, une commune située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Limoges, selon Le Parisien, RTL et 20 Minutes, qui citent des sources policières et la procureure de la République de Limoges, Émilie Abrantes. Présenté comme un militant de la mouvance d’ultragauche, il serait fiché S et déjà connu des services pour des violences sur des personnes dépositaires de l’autorité publique. Les médias divergent sur son âge.
À ce stade, il est soupçonné d’être l’un des auteurs de l’incendie. Il n’a pas été jugé et reste présumé innocent. D’autres personnes ont pu participer aux faits : 20 Minutes le présente comme l’un des incendiaires présumés.
L’antiterrorisme dans la boucle
Le parquet de Limoges avait ouvert une enquête en flagrance pour destruction d’un bien par un moyen dangereux en bande organisée. Ce mardi, la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire a été saisie, d’après l’AFP. Lundi soir, le garde des Sceaux Gérald Darmanin avait indiqué que le parquet national antiterroriste devait décider dans les heures suivantes s’il prenait le dossier. Au moment où nous écrivons, une saisine officielle du PNAT n’a pas été annoncée publiquement : c’est elle qui ouvrirait la voie à une qualification terroriste.
Un monument historique à reconstruire
Samedi, environ 5 000 personnes avaient défilé à Limoges contre la vie chère, dont plusieurs centaines d’individus décrits par les autorités comme radicalisés et très violents. Des vitres de la mairie ont été brisées et le feu a été mis à l’intérieur. Le beffroi, inauguré en 1893, et la toiture de ce bâtiment inscrit aux monuments historiques se sont effondrés. Des commerces du centre-ville ont été pillés.
Le maire LR Guillaume Guérin réclame un plan massif de l’État pour reconstruire, selon 20 Minutes. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis que l’État aiderait à rebâtir l’édifice et se rendra à Limoges vendredi 23 octobre. Le gouvernement annonce aussi un guichet unique auprès de chaque préfet pour accompagner les collectivités sinistrées. Le contexte national reste tendu : de nouveaux couvre-feux doivent être annoncés ce mardi soir là où la situation l’exige (lire notre point sur les couvre-feux et le durcissement de l’arsenal pénal).
Sources : Le Parisien, RTL/AFP, 20 Minutes, Ouest-France, actu.fr.






