L’Assemblée nationale commence ce mardi 20 octobre l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Parmi les mesures les plus discutées figure l’extension de la taxe sur les boissons sucrées à l’ensemble des produits sucrés, comme les viennoiseries ou les biscuits industriels, rapporte franceinfo. Objectif affiché par le gouvernement : lutter contre l’obésité et le diabète.
Ce que prévoit le projet
La taxe serait payée par l’industrie agroalimentaire, et non directement par les consommateurs, même si une partie peut se répercuter sur les prix en rayon. Ses recettes sont estimées à 1,5 milliard d’euros. Le principe est le même que celui de la taxe sodas, en vigueur depuis 2012 et durcie depuis : rendre les recettes très sucrées plus coûteuses pour inciter les industriels à reformuler leurs produits.
Le sujet est d’abord sanitaire. La surconsommation de sucres ajoutés est associée au surpoids, à l’obésité, au diabète de type 2 et aux caries, et les autorités de santé recommandent depuis des années d’en limiter l’apport, en particulier chez les enfants. Les produits visés, comme les biscuits et les viennoiseries industrielles, font partie des principales sources de sucres ajoutés dans l’alimentation quotidienne.
La filière vent debout
La filière sucrière, elle, conteste à la fois le principe et le calendrier. Le sucre est extrait de la betterave, et la récolte 2026 s’annonce en baisse de 30 % à cause de la sécheresse, rappelle franceinfo. Pour Franck Sander, président de la Confédération des producteurs cité par franceinfo, ce n’est pas le moment : il faudra selon lui accompagner financièrement les agriculteurs qui n’ont pas pu récolter, et il reproche au gouvernement de ne penser qu’à son budget.
Les sucreries redoutent aussi un effet négatif sur leur marché. Leur syndicat, par la voix de son directeur général Christian Spiegeleer, dénonce un « matraquage fiscal » et plaide pour l’éducation alimentaire plutôt que la taxation. Il assure que l’industrie est déjà engagée, avec l’agroalimentaire, dans une démarche de long terme en faveur d’une consommation modérée de sucre.
Une consommation stable depuis trente ans
Selon le ministère de l’Agriculture, la consommation de sucre est stable en France depuis une trentaine d’années, autour de 28 kilos par an et par habitant. Un chiffre que la filière avance pour contester l’utilité d’une nouvelle taxe, mais que les défenseurs de la mesure lisent à l’inverse : la stabilité à ce niveau montre selon eux que les campagnes de prévention seules ne suffisent pas à faire baisser la consommation.
Ce qui va se jouer à l’Assemblée
Le débat s’annonce serré dans un hémicycle sans majorité absolue, où les textes budgétaires font l’objet de nombreux amendements. Les députés devront arbitrer entre l’objectif de santé publique, les recettes attendues pour la Sécurité sociale et l’inquiétude d’une filière agricole déjà fragilisée par la sécheresse. Le périmètre exact des produits concernés et le niveau de la taxe pourraient évoluer au fil des discussions.
Pour les consommateurs, l’effet concret dépendra de la façon dont les industriels réagiront : hausse des prix, réduction de la teneur en sucre des recettes, ou combinaison des deux, comme cela a été observé pour une partie des sodas après la création de la taxe sur les boissons.
Sources : franceinfo, ministère de l’Agriculture (cité par franceinfo).






