C’est le retour de l’heure d’hiver : dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 octobre, à 3 heures du matin, il sera 2 heures. Cette année, le changement tombe à la date la plus précoce possible, la règle européenne fixant le passage au dernier dimanche d’octobre. Une heure de sommeil gagnée sur le papier, mais un léger décalage pour l’horloge biologique, au moment où deux études relancent le débat sur la suppression du changement d’heure.
Ce qu’a calculé l’équipe de Stanford
Dans la revue scientifique américaine PNAS, deux chercheurs de l’université Stanford, Lara Weed et Jamie Zeitzer, ont comparé trois options : changer d’heure deux fois par an, garder l’heure d’hiver toute l’année ou garder l’heure d’été toute l’année. À partir des heures de lever et de coucher du soleil de chaque comté américain, ils ont estimé l’effort imposé à l’horloge interne et l’ont rapproché des données de santé locales, détaille La Provence.
Résultat : le système actuel arrive dernier. L’heure d’hiver permanente ferait reculer l’obésité de 0,78 point et les accidents vasculaires cérébraux de 0,09 point, soit environ 2,6 millions de personnes obèses et 300 000 AVC en moins aux États-Unis. L’heure d’été permanente irait dans le même sens, mais avec un effet moindre (environ 1,7 million de cas d’obésité et 220 000 AVC en moins).
Des chiffres à manier avec prudence
Il s’agit d’un modèle mathématique, pas d’une observation : personne n’a suivi des populations changeant de régime horaire. Le calcul suppose que chacun dort de 22 heures à 7 heures et reçoit la lumière du jour de façon régulière. Des universitaires espagnols consultés à la parution saluent la méthode mais rappellent que les écarts annoncés sont souvent inférieurs à 1 % et que les résultats américains ne se transposent pas tels quels à l’Europe. Environ 15 % des personnes, les plus matinales, se porteraient d’ailleurs mieux à l’heure d’été.
Une étude canadienne va dans le même sens
Début octobre, une synthèse publiée dans le Canadian Medical Association Journal par des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique est arrivée à une conclusion proche, rapporte Medisite : supprimer le changement d’heure serait bénéfique, mais les gains d’une heure d’été permanente seraient inférieurs d’un tiers à ceux d’une heure d’hiver fixe. En cause, le manque de lumière le matin, qui perturbe le sommeil, en particulier celui des adolescents. En France, l’Inserm rappelle que la majorité de la communauté scientifique recommande l’heure d’hiver, l’horloge interne ayant naturellement tendance à prendre du retard sur le cycle de 24 heures.
Pourquoi on change toujours d’heure
Le Parlement européen a voté en 2019 la fin du changement d’heure, mais les États membres ne se sont jamais accordés sur l’heure à conserver, et le dossier reste bloqué au Conseil de l’Union européenne. Lors de la consultation organisée en France la même année, plus de 83 % des participants s’étaient prononcés pour la suppression, avec une préférence pour l’heure d’été.
Nos conseils pour bien passer le cap
- Décalez progressivement l’heure du coucher et des repas de 10 à 15 minutes dès jeudi, surtout pour les jeunes enfants.
- Le matin, ouvrez les volets et sortez quelques minutes à la lumière du jour pour recaler l’horloge interne.
- Soyez vigilant au volant en fin d’après-midi la semaine prochaine : la nuit tombera une heure plus tôt.
- Les personnes âgées, les travailleurs de nuit et ceux qui dorment mal peuvent mettre jusqu’à une semaine à s’adapter.
Sources : La Provence (étude PNAS de Stanford Medicine, Inserm), Medisite (CMAJ).
