Ce qui est nouveau : ce que Sud Ouest avait révélé dimanche, et que nous détaillions dans notre article de lundi, est désormais officiel. Le groupe Gifi va solliciter l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. L’annonce a été faite mardi 20 octobre aux représentants du personnel puis aux quelque 6 000 salariés en France, dans un courrier consulté par l’AFP et cité par franceinfo.
Le message de la direction
Le nouveau président du directoire, Patrick Puy, y explique que le marché s’est nettement dégradé au cours de l’été et que l’enseigne n’a pas été épargnée. La procédure a été choisie, écrit-il, pour protéger l’entreprise et poursuivre son activité. Il assure qu’elle n’aura par elle-même aucune conséquence immédiate sur l’emploi, ajoutant selon franceinfo : « aucun nouveau PSE n’est engagé à ce stade ». Les magasins restent ouverts, l’activité continue et les contrats de travail sont inchangés.
Patrick Puy est le quatrième dirigeant missionné en deux ans pour redresser le groupe, confronté à de graves problèmes de trésorerie. Spécialiste des entreprises en crise, il a notamment dirigé Moulinex-Brandt, Vivarte et Go Sport par le passé.
Une crise aux causes multiples
Fondée en 1981 par Philippe Ginestet à Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), l’enseigne de bazar compte plus de 500 magasins. Ses difficultés ont commencé avec un changement de système informatique raté en 2023, avant que la concurrence d’Action, de Maxibazar et des plateformes en ligne comme Temu ne pèse sur ses ventes. En 2025, Gifi avait envisagé de réduire ses effectifs de 5 % avant de suspendre ce plan social. L’entreprise s’est depuis rapprochée de Grand Frais, à qui elle doit céder une trentaine de magasins.
Et maintenant ?
Une fois la demande déposée, le tribunal compétent devrait ouvrir une période d’observation de plusieurs mois, durant laquelle les dettes antérieures sont gelées et un administrateur judiciaire accompagne la direction. Celle-ci devra présenter un plan de continuation viable, faute de quoi le tribunal pourra envisager une cession, partielle ou totale, voire une liquidation. Dans les territoires, l’inquiétude monte : en Mayenne, par exemple, trois magasins sont concernés, relève Le Courrier de la Mayenne.
Pour les clients, rien ne change dans l’immédiat : les magasins sont ouverts. Comme dans toute procédure collective, mieux vaut toutefois utiliser rapidement les bons d’achat et cartes cadeaux déjà en sa possession plutôt que d’en acquérir de nouveaux.
Sources : franceinfo avec AFP, Sud Ouest, Le Courrier de la Mayenne.






