Les violences du 17 octobre ont-elles déjà bougé les lignes de la présidentielle ? Une première réponse vient d’un sondage Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio, publié mardi 20 octobre. Les entretiens ont été menés en ligne du samedi 17 octobre à 20 heures au lundi 19 octobre, soit en plein cœur de la séquence, auprès de 2 081 personnes dont 1 928 inscrites sur les listes électorales. Comme toute enquête d’opinion, il s’agit d’une photographie à un instant donné, avec une marge d’erreur comprise entre 1 et 2,2 points.
Le Pen gagne un à deux points en quelques jours
Selon les hypothèses testées, Marine Le Pen recueille entre 34 et 38 % des intentions de vote au premier tour : 38 % si Gabriel Attal est le seul candidat du bloc central, 36 % face à Édouard Philippe. C’est un à deux points de plus que dans la précédente vague Ifop, réalisée du 12 au 14 octobre. Au second tour, elle l’emporterait dans tous les cas de figure : 68 % contre 32 % face à Jean-Luc Mélenchon, 59-41 face à François Hollande, 58-42 face à Gabriel Attal, 57-43 face à Raphaël Glucksmann et 56-44 face à Édouard Philippe, soit un écart creusé de quatre points avec ce dernier depuis fin août.
Bataille à trois pour la deuxième place
Derrière, la compétition reste serrée. Jean-Luc Mélenchon est crédité de 15 à 20 % selon les scénarios et se qualifie pour le second tour dans presque toutes les configurations, note BFMTV. Raphaël Glucksmann, désigné par la primaire sociale-démocrate, fait jeu égal avec lui (16 % chacun) si Gabriel Attal est le candidat du centre. Édouard Philippe signe, selon L’Opinion, sa plus faible performance dans les enquêtes Ifop : 12 % s’il est concurrencé par Gabriel Attal, 15 % s’il est seul. À droite, Bruno Retailleau plafonne entre 5 et 7,5 %, et David Lisnard monte à 7 % lorsqu’il est testé sans lui. L’écologiste Marine Tondelier et le communiste Fabien Roussel tournent autour de 3 %.
Donald Trump s’invite dans le débat
Mardi, dans le Bureau ovale, Donald Trump a été interrogé par un journaliste de l’AFP sur un éventuel soutien à Marine Le Pen. Sans le formuler officiellement, le président américain a affirmé ne pas la connaître, a estimé qu’elle avait été mal traitée, puis l’a présentée comme la représentante du camp conservateur, rapporte franceinfo : « c’est elle la voix conservatrice ». Depuis le week-end, le président américain et son entourage se servent des violences en France comme d’un argument de campagne avant les élections de mi-mandat de novembre (lire notre article).
Ce qu’il faut garder en tête
Le sondage a été réalisé à chaud, alors que les images de pillages tournaient en boucle, et à près de six mois du premier tour. Plusieurs candidatures restent incertaines, en particulier au centre et à gauche, ce qui explique la multiplication des hypothèses testées. Les prochaines vagues diront si l’effet observé s’installe. Par ailleurs, le service de vigilance Viginum a déjà recensé plus d’une centaine d’opérations d’ingérence numérique étrangère visant la présidentielle, selon franceinfo, un sujet que Sébastien Lecornu a inscrit à l’ordre du jour de sa réunion avec les partis jeudi.
Sources : Ifop-Fiducial pour LCI, Le Figaro et Sud Radio (via TF1 Info, BFMTV, L’Opinion), franceinfo avec AFP.







[…] Ces perquisitions interviennent à trois jours du congrès du Rassemblement national à Orléans, prévu samedi. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez y attend plusieurs dizaines de milliers de contre-manifestants et promet un dispositif de sécurité très important, selon franceinfo. Le parti aborde ce rendez-vous en position de force dans les sondages, avec jusqu’à 38 % d’intentions de vote au premier tour pour Marine Le Pen dans une enquête publiée cette semaine (lire notre article). […]