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Perquisitions au Parlement européen : l’enquête sur les 4,3 millions d’euros de l’ex-groupe du RN rattrape le parti à trois jours du congrès d’Orléans

Les bâtiments du Parlement européen à Bruxelles
Photo : EmDee / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0, image recadrée

Nouvelle étape dans l’enquête qui vise l’ancien groupe Identité et démocratie (ID), où siégeaient les eurodéputés du Rassemblement national jusqu’en 2024. Mercredi 21 octobre, des perquisitions ont été menées dans les locaux du Parlement européen, sur ses deux sites de Bruxelles et Strasbourg. Contacté par franceinfo, le Parquet européen (EPPO) a confirmé avoir agi en France et en Belgique, dans le cadre d’une enquête en cours sur l’utilisation de fonds européens par un ancien groupe politique, sans donner davantage de détails.

Les Patriotes prennent leurs distances

C’est le groupe des Patriotes pour l’Europe, présidé par Jordan Bardella et qui a succédé à ID en 2024, qui a lui-même annoncé les opérations dans un communiqué. Il assure qu’il n’existe « aucune continuité juridique » entre lui et l’ancien groupe (communiqué cité par franceinfo). Selon le site Toute l’Europe, un cadre des Patriotes précise que les recherches visent l’ancien secrétaire général du groupe ID, et qu’aucun élu n’a été perquisitionné. Jordan Bardella n’a pas souhaité commenter. Le Parlement européen indique coopérer avec les autorités, comme à son habitude.

4,3 millions d’euros au cœur des soupçons

L’enquête a été ouverte en juillet 2025, à partir d’un rapport de la direction des affaires financières du Parlement européen. Celui-ci estime que le groupe ID a dépensé de manière irrégulière plus de 4,3 millions d’euros entre 2019 et 2024. Les soupçons portent notamment sur des dons sans lien avec l’activité parlementaire et sur des contrats attribués à des sociétés proches du parti.

Une première vague de perquisitions avait eu lieu le 30 juin 2026 dans plusieurs pays, dont la France, notamment chez des prestataires de communication ayant travaillé pour le RN. Selon des documents obtenus par Le Monde et cités par franceinfo, deux de ces sociétés auraient perçu respectivement 1,4 million d’euros pour de l’impression et 1,7 million d’euros pour de la communication. Le RN dénonce depuis le départ un acharnement et affirme que ces sociétés ont travaillé pour le groupe. En juin, Jordan Bardella avait assuré que son camp n’avait rien à se reprocher.

Ce dossier est distinct de l’affaire des assistants parlementaires du FN-RN, jugée devant la justice française. À ce stade, aucune mise en examen n’a été annoncée dans l’enquête européenne, et toutes les personnes concernées sont présumées innocentes.

Qu’est-ce que le parquet européen ?

Installé à Luxembourg et opérationnel depuis juin 2021, le Parquet européen est chargé d’enquêter sur les atteintes aux intérêts financiers de l’Union européenne (fraude aux fonds européens, à la TVA, corruption) et de poursuivre leurs auteurs devant les tribunaux nationaux des États participants, dont la France et la Belgique. C’est ce qui lui permet de faire perquisitionner simultanément dans plusieurs pays.

Un calendrier sensible pour le RN

Ces perquisitions interviennent à trois jours du congrès du Rassemblement national à Orléans, prévu samedi. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez y attend plusieurs dizaines de milliers de contre-manifestants et promet un dispositif de sécurité très important, selon franceinfo. Le parti aborde ce rendez-vous en position de force dans les sondages, avec jusqu’à 38 % d’intentions de vote au premier tour pour Marine Le Pen dans une enquête publiée cette semaine (lire notre article).

Sources : franceinfo, Toute l’Europe, franceinfo (juillet 2026), Parquet européen.

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