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Jusqu’à 30 millions d’euros pour des « Iris » jamais montrés : le Monet de la collection Schlumberger passe ce soir sous le marteau à Paris

Iris jaunes, toile de Claude Monet inspirée de son jardin de Giverny (œuvre différente du tableau mis en vente)
Photo : Claude Monet / Wikimedia Commons, licence Public domain

Ce jeudi 22 octobre, la salle de Sotheby’s, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris, accueille une vente qui pourrait faire date pour le marché de l’art français. Le lot vedette, Iris, une grande toile de Claude Monet peinte en 1924-1925, est estimée entre 22 et 30 millions d’euros, frais compris. Jamais un tableau mis aux enchères en France n’avait reçu une estimation aussi élevée, selon la maison de ventes.

Une toile restée cachée dans un hôtel particulier parisien

Le tableau n’avait encore jamais été présenté au public. Il appartenait à Jeanne Schlumberger (1889-1983), épouse de l’industriel Marcel Schlumberger, l’un des deux frères alsaciens à l’origine du géant mondial des services pétroliers. Selon The Art Newspaper, c’est surtout après la mort de son mari, en 1953, qu’elle a constitué sa collection, conservée depuis dans un hôtel particulier parisien et très rarement prêtée.

Peinte à Giverny moins de deux ans avant la mort de l’artiste, en décembre 1926, la toile mesure environ 1,60 mètre sur 1,80 mètre. Les spécialistes insistent sur son état : toile d’origine, aucun accident, jamais vernie. Interrogée par France Culture, l’historienne de l’art Marianne Mathieu, ancienne directrice du musée Marmottan Monet, y voit « une tache de peinture presque pure » autour de l’iris jaune central, signe d’un Monet tardif qui brouille la frontière entre le motif et la matière.

Vingt-huit œuvres, plus de 40 millions d’euros attendus

Iris n’est pas seul. La vente baptisée « La Collection Schlumberger. Le Temps retrouvé » réunit vingt-huit œuvres impressionnistes et modernes, dont l’ensemble est estimé à plus de 40 millions d’euros. On y trouve notamment :

  • un autre Monet, Saule pleureur, surnommé « L’Arbre de feu », attendu jusqu’à 12 millions d’euros ;
  • trois toiles de Paul Cézanne conçues pour la maison familiale du Jas de Bouffan, à Aix-en-Provence, classées trésors nationaux ;
  • trois œuvres de Gustave Moreau, dont Rêve d’Orient (1881), estimé 600 000 à 800 000 euros ;
  • La Valse de Camille Claudel, estimée 400 000 à 600 000 euros, ainsi que des œuvres de Bonnard et Courbet.

Le classement « trésor national » des Cézanne a une conséquence concrète : ces œuvres ne peuvent pas quitter durablement le territoire, ce qui limite le cercle des acheteurs potentiels.

Une semaine Monet à Paris

La vente s’inscrit dans une semaine chargée, portée par la foire Art Basel Paris au Grand Palais. Le même jour, Christie’s disperse à partir de 14 h 30 une partie de la collection de la famille du marchand Paul Durand-Ruel, l’homme qui a fait connaître les impressionnistes, avec un Monet estimé entre 11 et 15 millions d’euros, selon le communiqué de la maison. À l’approche du centenaire de la mort du peintre, les grandes maisons misent sur son nom pour ramener à Paris des ventes longtemps réservées à New York et Londres.

Reste à savoir si les enchères suivront. Une estimation n’est qu’une fourchette : le prix final dépendra des collectionneurs présents ou au téléphone ce soir.

Sources : Sotheby’s, franceinfo et France Culture, The Art Newspaper, communiqué de Christie’s.

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