Au lendemain de la rencontre entre Vladimir Poutine et l’émissaire américain Steve Witkoff, Moscou et Kiev se disent tous deux prêts à reprendre des négociations à trois avec les États-Unis. Mais la nuit suivante a rappelé l’état du terrain : selon le maire de Moscou, 630 drones ont été lancés vers la région de la capitale russe entre mercredi 20 h 30 et jeudi 4 heures.
Une date : « autour du 10 novembre »
La réunion de Saint-Pétersbourg a duré près de trois heures, a indiqué Iouri Ouchakov, conseiller diplomatique du Kremlin. Selon lui, Vladimir Poutine a dit à Steve Witkoff que la Russie était globalement prête à reprendre les discussions trilatérales vers le 10 novembre, soit une semaine après les élections américaines de mi-mandat du 3 novembre. Moscou limite toutefois leur objet à la mise en place d’un système de sécurité pour la Russie et l’Ukraine, selon des propos rapportés par Courrier international.
C’est au cours de cette même visite que le Kremlin a libéré l’Américain Stephen Hubbard, comme nous le racontions dans notre article de mercredi.
Kiev veut d’abord un cessez-le-feu
Volodymyr Zelensky a aussitôt affirmé que l’Ukraine soutiendrait des pourparlers tripartites, mais avec un ordre du jour plus large : cessez-le-feu, fin de la guerre, secteur énergétique, questions humanitaires, libération des prisonniers et retour des diplomates, selon The Kyiv Independent. Plus tôt, sur Fox News, il avait proposé de geler la ligne de front actuelle, qu’il présente comme la seule voie réaliste.
Moscou reste opposé à toute trêve préalable, estimant que l’Ukraine en profiterait pour se réarmer. À Washington, Donald Trump a de nouveau assuré que la fin de la guerre n’avait jamais été aussi proche, et le Washington Post évoque un optimisme prudent dans l’entourage des négociateurs.
La nuit des drones
Quelques heures plus tard, Sergueï Sobianine a fait état de 630 drones en route vers la région de Moscou, dont 163 se sont approchés de la ville. La plupart ont été détruits par la défense aérienne, selon lui, et deux personnes ont été blessées. Le Monde rapporte par ailleurs quinze blessés dans des frappes russes sur Kiev dans la nuit. Aucun des deux camps n’a donc ralenti les frappes pendant la séquence diplomatique.
Ce qu’il faut retenir
- Le calendrier : rien ne se passera avant les midterms ; la date du 10 novembre reste une intention, pas une convocation.
- Le désaccord de fond : Kiev veut un cessez-le-feu d’abord, Moscou des garanties de sécurité d’abord.
- Le précédent : à Oslo mardi, Steve Witkoff avait rencontré les Européens et Volodymyr Zelensky avec un plan américano-européen, présenté dans notre article d’avant-sommet.
Sources : Courrier international, Yahoo Actualités, RTL Info avec Belga, The Kyiv Independent, Le Monde.






