Le marché de la beauté ne connaît pas la crise qui frappe le reste du luxe. L’Oréal a publié jeudi 22 octobre un chiffre d’affaires de 11,56 milliards d’euros pour le troisième trimestre 2026, en hausse de 7,7 % à données comparables. Les analystes, selon le consensus Visible Alpha cité par Reuters, tablaient sur 5,9 %. Sur neuf mois, la croissance comparable atteint 6,9 %.
Ce qui fait vendre
Trois familles de produits portent la croissance, selon le groupe : les parfums de luxe, les soins de la peau et les produits capillaires. Le propriétaire de Lancôme, Yves Saint Laurent Beauté, Kérastase, CeraVe ou La Roche-Posay, qui exploite aussi les parfums Prada, profite de l’engouement durable pour les fragrances haut de gamme, devenues un « petit luxe » accessible quand les sacs et les vêtements griffés deviennent trop chers. Les soins dermatologiques, vendus en pharmacie, continuent eux aussi de progresser.
« Une fois de plus, le marché mondial de la beauté démontre sa résilience dans un contexte difficile – et nous continuons de le surperformer fortement », a commenté le directeur général Nicolas Hieronimus dans le communiqué.
La Chine repart, les émergents suivent
Bonne surprise du trimestre : le rebond de la demande en Chine, un marché en berne ces dernières années pour les grandes marques occidentales. Les marchés émergents contribuent aussi à la hausse. Le détail par zone n’a pas été repris dans les premières dépêches, mais le contraste avec les maisons de mode est frappant : le même jour, Hermès a annoncé une croissance nulle en Asie-Pacifique hors Japon, et Kering a fait état d’un nouveau recul de Gucci.
Pourquoi la beauté résiste mieux que la mode
- Le prix moyen : un rouge à lèvres ou un sérum restent abordables pour une clientèle large, contrairement à un sac à plusieurs milliers d’euros.
- La fréquence d’achat : une crème ou un shampoing se rachètent régulièrement, ce qui lisse les ventes.
- La diversité des circuits : supermarchés, pharmacies, parfumeries, e-commerce, ce qui limite la dépendance à un seul canal.
Ce que cela change pour les consommatrices
Pour les clientes françaises, ces résultats confirment une tendance visible en rayon : l’offre de parfums « premium » et de soins dermatologiques s’étoffe, avec des lancements plus nombreux, tandis que les grandes marques investissent massivement dans le marketing en ligne. À l’approche des fêtes de fin d’année, période qui représente une part importante des ventes de parfums, les coffrets arrivent déjà en magasin.
Côté Bourse, les chiffres ont été publiés jeudi en fin de journée : la réaction du titre sera à suivre ce vendredi à Paris. Pour comprendre le contexte du secteur, relisez aussi notre article sur la crise du luxe en Chine, qui profite au marché de l’occasion.
Sources : ABC Bourse (Reuters), L’Oréal (communiqué du 22 octobre 2026), Boursier.com, BFM Bourse.






