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Attaque contre une église en Jordanie : le bilan monte à neuf morts, les assaillants toujours en fuite et trois jours de deuil national

Drapeaux jordaniens flottant au-dessus d’Al-Karak, dans le sud de la Jordanie, région où se trouve le village de Hammoud
Photo : Aboud-g95 / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0

Le bilan de l’attaque menée vendredi 23 octobre contre un cortège funéraire devant l’église grecque-orthodoxe Saint-Georges de Hammoud, dans le gouvernorat de Karak, au sud de la Jordanie, s’est alourdi à neuf morts, a annoncé samedi 24 octobre 2026 le ministre jordanien de la Santé, Ibrahim al-Bdour, cité par l’AFP et franceinfo. Deux blessés ont succombé dans la journée, et 25 personnes restent hospitalisées. Les assaillants sont toujours en fuite.

Un bilan revu à plusieurs reprises

Vendredi, les chiffres avaient varié au fil des heures : les autorités ont d’abord évoqué six puis sept morts, avec 34 blessés, comme nous l’indiquions dans notre premier article sur la fusillade de Karak. Un premier blessé est mort dans la nuit, portant le bilan à huit samedi matin, avant un nouveau décès annoncé dans l’après-midi. Selon la Direction de la sécurité publique, les tireurs ont pénétré dans l’enceinte de l’église avant d’ouvrir le feu sur les personnes réunies pour des obsèques. Des images de vidéosurveillance diffusées par la télévision publique Al-Mamlaka montrent au moins trois hommes armés.

L’enquête vise « un groupe d’extrémistes », sans revendication

Le ministre de l’Intérieur, Mazen al-Faraya, attribue l’attaque à un groupe d’extrémistes, sans le nommer, et assure que les services de sécurité sont mobilisés pour retrouver ses auteurs. Aucune revendication n’avait été confirmée samedi soir. Le roi Abdallah II, qui a rendu visite aux blessés à l’hôpital de Karak, a parlé d’un « attentat terroriste », promis les peines les plus sévères et décrété trois jours de deuil national.

Une vague de condamnations, jusque chez les autorités musulmanes

Le grand mufti de Jordanie, Ahmad al-Hassanat, a rappelé que la vie des chrétiens est aussi inviolable que celle des musulmans, selon le magazine Terre Sainte. Le patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem, dont dépend l’église visée, et le patriarcat latin ont condamné l’attaque, et les chefs des Églises de Jérusalem ont demandé que les cloches sonnent samedi à midi, heure jordanienne, en mémoire des victimes. Le Liban, l’Égypte, la Syrie, l’Irak, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn, le Koweït et la Turquie ont adressé leurs condoléances à Amman, de même que la Ligue islamique mondiale.

Pourquoi cette attaque marque la région

Les chrétiens représentent environ 2 % de la population jordanienne, et la monarchie hachémite fait de la coexistence religieuse un pilier de l’identité nationale. Les attaques visant directement cette communauté y sont très rares. Karak garde toutefois le souvenir de décembre 2016, quand une attaque revendiquée par l’organisation État islamique avait fait dix morts autour de son château. Pour les chrétiens du Proche-Orient, l’attaque de Hammoud rappelle aussi l’attentat contre l’église Saint-Élie de Damas, en juin 2025, même si aucun lien n’est établi entre les deux événements.

Et maintenant ?

La traque des tireurs se poursuit dans le sud du pays, et l’identification du groupe évoqué par le gouvernement sera déterminante pour mesurer la menace. Plusieurs blessés restant dans un état grave, les autorités n’excluent pas que le bilan évolue encore.

Sources : ministère jordanien de la Santé, Direction de la sécurité publique, Al-Mamlaka, AFP via franceinfo, Terre Sainte Magazine, Vatican News.

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