
Une phrase a suffi à relancer les inquiétudes. Interrogé par l’influenceur Mario Nawfal, Tom Barrack, ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie, a répondu sans détour à la question d’une nouvelle attaque contre l’Iran : « Pourrait-il y avoir une frappe ce week-end ? Absolument », selon 20 Minutes. Une perspective de frappes américaines sur l’Iran que la Maison Blanche ne confirme pas.
Que répond Donald Trump ?
Le président américain a pris ses distances avec son diplomate. « C’était mon ambassadeur ? C’est un homme assez influent, je suppose. Si c’est le cas, je n’en sais absolument rien », a-t-il déclaré à des journalistes en Floride. Mais lors d’un meeting de campagne le même jour, il a assuré qu’il pourrait « en finir très rapidement » avec l’Iran et qu’on « pourrait se faire une petite Fureur épique » sans accord, en reprenant le nom de l’opération américaine du début d’année, rapporte Radio-Canada. Il a récemment évoqué une « décision » prochaine entre « la manière douce » et « la manière forte ».
Où en est le conflit entre Washington et Téhéran ?
La guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a commencé fin février. Depuis début septembre, aucun des deux camps n’a mené d’attaque majeure contre des cibles terrestres. L’affrontement se joue surtout en mer : Washington impose un blocus des ports iraniens, tandis que Téhéran cherche à contrôler le détroit d’Ormuz, où Ouelen rapportait le 17 octobre un superpétrolier touché par une mine. Les négociations restent dans l’impasse, près de huit mois après le début du conflit. Tom Barrack assure pourtant que Donald Trump « est ouvert à un accord ».
Quels signes laissent penser à une reprise des bombardements ?
Plusieurs experts américains interrogés par l’AFP relèvent des indices concordants :
- l’arrivée prévue du porte-avions USS Theodore Roosevelt et l’envoi de renforts de marines ;
- des avertissements adressés aux ressortissants américains dans la région ;
- l’état d’alerte élevé de l’armée israélienne et une démonstration de force de son aviation ;
- la visite cette semaine en Israël du secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
Suzanne Maloney, de la Brookings Institution, parie plutôt sur des frappes « peu après » les midterms du 3 novembre, la guerre étant impopulaire aux États-Unis en raison de la hausse des prix de l’énergie. Jason Campbell, du Middle East Institute, juge le calendrier « impossible à prévoir ».
Une nouvelle escalade peut-elle mettre fin à la guerre ?
Les deux chercheurs en doutent. Les installations militaires conventionnelles iraniennes ont déjà été lourdement touchées : une nouvelle campagne viserait donc probablement davantage des infrastructures civiles, avec un impact direct sur la population. En Israël, Benyamin Netanyahou a estimé mercredi que seul un renversement du pouvoir iranien éliminerait la menace, une ligne plus radicale que celle affichée à Washington.
Questions fréquentes
Qui est Tom Barrack ? Un homme d’affaires proche de Donald Trump, ambassadeur en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie.
Pourquoi les midterms comptent-elles ? Le 3 novembre, les Américains renouvellent la Chambre et une partie du Sénat ; une guerre impopulaire pourrait coûter des sièges aux républicains.
Sources : 20 Minutes (avec AFP), Radio-Canada (AFP), 23 octobre 2026.
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