La journée redoutée à Orléans a commencé sans heurts. Ce samedi 24 octobre à la mi-journée, la manifestation organisée contre le congrès du RN à Orléans rassemblait environ 11 000 personnes selon la préfecture du Loiret, et 26 000 selon les organisateurs, a rapporté franceinfo en citant l’AFP. La préfecture précise que ce chiffre pouvait encore évoluer, des participants étant toujours en route. À ce stade, aucune interpellation n’avait été signalée par les autorités.
Que s’est-il passé ce samedi matin à Orléans ?
Le cortège s’est élancé en fin de matinée, non pas du parvis de la cathédrale comme prévu au départ, mais depuis l’esplanade du Souvenir français, au nord de la ville : la préfecture avait fait modifier le tracé la veille pour tenir la foule à l’écart du centre historique, où se trouvent la mairie, la préfecture et le conseil régional (20 Minutes). Les manifestants répondaient à l’appel d’une cinquantaine d’organisations de gauche, de syndicats et d’associations, pour dénoncer le racisme, le fascisme et l’impérialisme.
Plusieurs responsables nationaux avaient fait le déplacement, parmi lesquels le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), présent dans le cortège, a fait le lien au micro de franceinfo avec l’attaque de vendredi dans les Yvelines, en mettant en cause certains discours politiques sur sa ville. Dans les rangs, les slogans visaient à la fois le RN et le chef de l’État.
Comment la ville s’était-elle préparée ?
Le dispositif reste hors norme pour une ville de cette taille : près de 3 000 policiers et gendarmes, deux blindés Centaure, des engins lanceurs d’eau, un hélicoptère et des drones, selon les autorités. Elles disaient redouter la présence de 2 000 à 3 000 militants radicaux susceptibles de se fondre dans la foule. Tramways à l’arrêt, vitrines protégées par du contreplaqué, parcs, médiathèque et terrasses fermés : Orléans a vécu sa matinée au ralenti. Le couvre-feu imposé par le maire Serge Grouard aux moins de 15 ans s’appliquera bien les nuits de samedi et de dimanche.
Que se passe-t-il cet après-midi au congrès du RN ?
Au Zénith, quelque 5 000 militants et cadres ont rendez-vous à partir de 14 h 30. Jordan Bardella, seul candidat à sa propre succession, doit être reconduit à la présidence du parti, et les adhérents renouvellent les instances internes. Le rendez-vous se tient trois jours après les perquisitions au Parlement européen visant l’ex-groupe du RN. Du côté des soutiens, le président de l’UDR Éric Ciotti a dénoncé dans un courriel à ses adhérents une manifestation destinée selon lui à empêcher des citoyens de se réunir.
Après le défilé, un village antifasciste avec stands et ateliers doit se tenir jusqu’à 22 heures. Il sera, avec la soirée, le vrai test pour les forces de l’ordre, la crainte des autorités portant surtout sur des groupes mobiles à la dispersion.
Et dimanche ?
La journée la plus politique reste à venir : Marine Le Pen tient dimanche son premier grand meeting de candidate à la présidentielle, au Co’Met, une salle de 10 000 places. En revanche, il n’y aura pas de nouveau défilé autorisé : le tribunal administratif d’Orléans a confirmé l’arrêté préfectoral qui interdit la manifestation antifasciste prévue dimanche 25 octobre, selon La République du Centre. Cette décision s’inscrit dans la série d’interdictions de manifester contestées cette semaine jusque devant le Conseil d’État.
Sources : franceinfo et AFP, 20 Minutes, La République du Centre, préfecture du Loiret. Article mis à jour au fil de la journée sur Ouelen.


















