Office Depot France est en liquidation judiciaire. Le tribunal de commerce de Bobigny a prononcé la liquidation le 7 octobre 2026, avec poursuite d’activité : les 27 magasins de l’enseigne de fournitures de bureau peuvent rester ouverts jusqu’au 7 janvier 2027 au plus tard, le temps de trouver un ou plusieurs repreneurs. Les candidats ont jusqu’au vendredi 6 novembre à midi pour déposer une offre, révèle L’Express Franchise, qui a consulté l’annonce de l’administrateur judiciaire.
Ce qui change pour les clients
Pour l’instant, rien ne ferme. Les magasins fonctionnent normalement pendant la recherche de repreneurs, et le site officedepot.fr proposait toujours ce dimanche la livraison à domicile en 24 à 48 heures, selon L’Express Franchise. La procédure vise uniquement la société ANKAA, filiale de la coopérative Alkor qui exploite l’enseigne en France : les magasins des adhérents d’Alkor, commerçants indépendants, ne sont pas concernés.
Les fournisseurs et clients professionnels à qui Office Depot doit de l’argent ont deux mois à partir de la publication du jugement au Bodacc, le 21 octobre, pour déclarer leur créance auprès du liquidateur, la société Asteren, à Bobigny.
La liste des 27 magasins Office Depot
Paris concentre 17 magasins, que l’administrateur présente comme le cœur du réseau, avec trois emplacements phares : Trocadéro, faubourg Saint-Honoré et avenue de la Grande-Armée.
- Paris (17) : rue Monge (5e), boulevard des Batignolles et rue du Faubourg-Saint-Honoré (8e), rue de Châteaudun (9e), boulevard de Magenta (10e), boulevard Richard-Lenoir (11e), avenue Ledru-Rollin (12e), avenue d’Italie (13e), rue d’Alésia (14e), Convention et boulevard Garibaldi (15e), avenue Raymond-Poincaré (Trocadéro) et avenue de Versailles (16e), avenue de la Grande-Armée (17e), rue de Belleville et rue Bouret (Jaurès) (19e), rue d’Avron (20e).
- Île-de-France (7) : Boulogne-Billancourt, Rosny-sous-Bois, Créteil, Villabé (Évry), Lognes, Gonesse (Paris Nord 2), Éragny.
- Normandie (1) : Le Petit-Quevilly, près de Rouen.
- Alsace (2) : Strasbourg centre (rue du Vieux-Marché-aux-Vins) et Souffelweyersheim.
Un repreneur peut ne racheter que quelques magasins
La loi permet de céder l’ensemble ou seulement une partie de l’activité, à condition que cette partie puisse fonctionner seule. Un candidat peut donc viser quelques boutiques sans reprendre les 27. Le repreneur ne récupère pas les dettes : le prix payé sert à rembourser les créanciers, et le tribunal retient l’offre qui préserve le mieux les emplois et paie le mieux les créanciers. Les dirigeants d’ANKAA et leurs proches n’ont pas le droit de se porter candidats.
183 salariés, un chiffre d’affaires en baisse de plus d’un tiers en deux ans
D’après l’annonce de reprise citée par L’Express Franchise, le chiffre d’affaires est passé de 55 millions d’euros en 2023 à 48,7 millions en 2024, puis à 34,97 millions en 2025. Les pertes ont atteint 1,69 million en 2023, 10,1 millions en 2024 et 4,72 millions en 2025. L’enseigne emploie 183 salariés, contre environ 1 500 avant la reprise de 2021.
C’est la deuxième procédure collective en un peu plus de deux ans. Un premier redressement judiciaire avait été ouvert le 1er août 2024 ; le plan adopté en avril 2025 avait fermé neuf magasins et supprimé 99 postes, et la coopérative Alkor avait alors repris l’activité en direct. Ce plan prévu sur dix ans n’aura tenu que dix-huit mois. Fin septembre, l’entreprise s’était déclarée en cessation de paiements, invoquant une « décroissance structurelle » du secteur liée à la numérisation et à la hausse des coûts logistiques, selon l’AFP citée par actu.fr.
Office Depot rejoint la liste des enseignes en difficulté cet automne, comme Gifi, qui a demandé son redressement judiciaire (lire notre article).
Sources : L’Express Franchise (25 octobre 2026), actu.fr avec AFP (1er octobre 2026).
Photo d’illustration : Mike Mozart / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0.
