Présidentielle en Bulgarie : la présidente sortante Iliana Iotova arrive en tête du premier tour, ce dimanche 25 octobre 2026, mais très en deçà des sondages d’avant-scrutin, et devra affronter le pro-occidental Andreï Giourov au second tour le dimanche 1er novembre. C’est ce qu’indiquent les sondages de sortie des urnes publiés à la fermeture des bureaux de vote, à 20 heures heure locale (19 heures à Paris).
Les estimations de sortie des urnes
- Alpha Research : Iliana Iotova 35,3 %, Andreï Giourov 32,4 %, Kostadin Kostadinov (Vazrajdane, extrême droite prorusse) 12,6 %.
- Market Links : Iotova 32,2 %, Giourov 31,6 %, Kostadinov 13,5 %.
Aucun des 24 autres tickets ne dépasse 10 %, selon les deux instituts cités par The Sofia Globe. L’écart est donc bien plus serré que prévu : avant le vote, un sondage Market Links créditait Iliana Iotova de 47,3 %, et la Deutsche Welle évoquait une fourchette de 41 à 47 %. Les résultats officiels sont attendus dans les 48 heures.
Une participation au plus bas
Pour l’emporter dès le premier tour, un candidat devait réunir plus de 50 % des suffrages exprimés avec une participation d’au moins 50 %. On en est très loin : Alpha Research estimait la participation à 22,3 % à 19 heures locales, une heure avant la clôture, un niveau historiquement bas. Le second tour opposera donc les deux premiers, sans condition de participation.
Deux visions opposées face à Moscou
Âgée de 62 ans, Iliana Iotova a succédé en janvier 2026 à Roumen Radev, qui avait quitté la présidence pour entrer dans la bataille des législatives et est depuis devenu Premier ministre. Elle est soutenue par le parti de ce dernier, Bulgarie progressiste, par le Parti socialiste bulgare et par ABV. Elle prône le dialogue avec la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine et s’oppose à l’aide militaire à Kiev. Élue, elle deviendrait la première femme élue à la présidence du pays.
Andreï Giourov, 50 ans, ancien Premier ministre par intérim, est soutenu par l’opposition pro-occidentale (On continue le changement et Bulgarie démocratique). Il défend fermement l’ancrage euro-atlantique de ce pays membre de l’UE et de l’Otan et avait signé, lorsqu’il dirigeait le gouvernement intérimaire, un accord de coopération sécuritaire avec Kiev.
Un scrutin sous la menace de la mer Noire
La campagne a été dominée par des attaques de drones contre des navires marchands au large des côtes bulgares et roumaines, largement attribuées à la Russie. Le gouvernement Radev et Iliana Iotova ont refusé d’en désigner l’auteur, faute de preuves selon eux. Si la fonction présidentielle est surtout protocolaire, le chef de l’État bulgare est commandant en chef des armées, peut opposer son veto aux lois et nomme les gouvernements intérimaires en cas de crise politique, un pouvoir déterminant dans un pays qui a enchaîné les élections anticipées ces dernières années.
Sources : The Sofia Globe (sondages Alpha Research et Market Links) ; Deutsche Welle.
Photo d’illustration : Nenko Lazarov / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.5.
