
Le géant de la mode express Shein a accepté de verser 100 millions de dollars, environ 89 millions d’euros, pour mettre fin à une enquête de la Federal Trade Commission (FTC) américaine portant sur des retards de livraison et d’autres réclamations de clients, selon une source citée vendredi 23 octobre 2026 par l’agence Reuters et reprise par Mezha. Le montant équivaut à 44 % du bénéfice réalisé par Shein au deuxième trimestre.
Ce que l’on sait de l’accord
Dans un communiqué transmis à Reuters, Shein, fondée en Chine et dont le siège est à Singapour, dit avoir trouvé une issue constructive avec la FTC et promet de communiquer prochainement davantage de détails. Un porte-parole de l’autorité américaine a refusé de commenter. Le contenu exact des griefs n’a donc pas été rendu public. L’accord vaut règlement à l’amiable : il ne constitue pas une condamnation.
La FTC a déjà sanctionné d’autres vendeurs en ligne sur des questions de livraison. Le site américain Fashion Nova avait payé 9,3 millions de dollars en 2020 pour ne pas avoir respecté ses délais d’expédition et avoir remplacé des remboursements par des cartes cadeaux. La marque Hey Dude, du groupe Crocs, avait dû payer 1,95 million de dollars en 2023.
Une année difficile pour Shein
Cet accord s’ajoute à une série de pressions réglementaires et fiscales, aux États-Unis comme en Europe. Selon Reuters, l’action Shein a perdu 22 % depuis son introduction à la Bourse de Hong Kong le 1er septembre, les investisseurs s’inquiétant des frais imposés par l’Union européenne sur les petits colis du commerce en ligne. Les analystes de Jefferies relèvent une chute de 42 % sur un an des téléchargements de l’application en septembre sur ses dix principaux marchés.
La Commission européenne enquête par ailleurs sur la présence de produits illégaux sur la plateforme. En France, la Cnil avait infligé l’an dernier à Shein une amende de 150 millions d’euros pour usage abusif de cookies.
Ce que cela change pour les acheteurs français
L’accord américain ne concerne pas directement les clients européens. Mais il rappelle des droits qui existent aussi en France : un vendeur en ligne doit indiquer une date ou un délai de livraison. En cas de retard, le client peut le mettre en demeure de livrer dans un délai raisonnable, puis annuler la commande et obtenir un remboursement sous quatorze jours s’il n’est toujours pas livré. Pour les achats sur des plateformes étrangères, le service européen des consommateurs peut aider en cas de litige.
Pour les enseignes françaises d’habillement, qui dénoncent depuis longtemps la concurrence de l’ultra fast fashion, ce nouveau revers de Shein vient s’ajouter aux débats sur la loi visant à freiner ce modèle. La mode à petit prix reste toutefois très populaire, et Shein compte toujours des millions de clients en France.
Sources : Reuters (via Mezha).