Les cosmétiques contenant des substances CMR, classées cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, pourront rester un peu plus longtemps dans les rayons. Le Parlement européen a approuvé en session plénière à Strasbourg le texte dit « Omnibus VI Chimie », par 477 voix pour, 59 contre et 41 abstentions, selon Premium Beauty News, qui faisait le point samedi 24 octobre 2026. Le texte, issu d’un compromis trouvé le 17 juin entre le Parlement, le Conseil et la Commission, doit encore être formellement adopté par le Conseil.
Ce qui change concrètement
Jusqu’ici, les fabricants disposaient de 18 mois pour retirer de la vente un produit contenant une substance nouvellement classée CMR. Le nouveau texte remplace ce délai unique par un calendrier échelonné :
- Sans demande de dérogation : six mois pour cesser la mise sur le marché, douze mois pour écouler les stocks.
- Avec demande de dérogation jugée défavorable : trois mois pour arrêter la commercialisation, neuf mois pour faire disparaître le produit des rayons.
- Produit jugé sûr, mais avec des alternatives plus appropriées : deux ans de mise sur le marché supplémentaire et trois ans pour le retirer.
Les demandes de dérogation devront être déposées auprès d’un comité scientifique au plus tard trois mois après l’entrée en vigueur de la nouvelle classification.
Les CMR par voie orale restent interdits
La Commission européenne voulait aller plus loin. Elle envisageait de distinguer les substances CMR selon leur mode d’exposition, en autorisant par exemple une substance cancérogène par ingestion ou inhalation dans un produit appliqué seulement sur la peau. Les eurodéputés et les États membres s’y sont opposés : cette distinction a été abandonnée.
Des associations de consommateurs déçues
Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) estime que le pire a été évité, mais regrette que des produits contenant des ingrédients toxiques restent plus longtemps dans les foyers. Selon Premium Beauty News, son représentant Agustín Reyna cite les dentifrices, les déodorants et les rouges à lèvres, et rappelle que plus de quatre consommateurs européens sur cinq s’inquiètent de l’effet des substances chimiques sur leur santé.
Que faire en tant que consommateur ?
Ce texte ne rend pas les cosmétiques actuels plus dangereux : il concerne les substances qui seront reclassées à l’avenir. Pour limiter son exposition, on peut lire la liste des ingrédients (INCI) au dos des produits, privilégier des formules courtes et utiliser des applications de décryptage, en gardant en tête qu’elles ne remplacent pas l’avis des autorités sanitaires.
Le règlement entrera en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel de l’Union européenne. Les marques auront alors à adapter leur gestion des stocks et leurs reformulations à ce nouveau calendrier.
Sources : Premium Beauty News.
