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Ras Tanoura : les Houthis disent avoir frappé la raffinerie, ce qui est confirmé

Vue aérienne ancienne de la raffinerie de Ras Tanura, sur la côte est de l’Arabie saoudite
Photo : Arabian American Oil Co. (Aramco) / Wikimedia Commons, licence Public domain

Les Houthis du Yémen affirment avoir frappé mardi 27 octobre 2026 la raffinerie de Ras Tanoura, la plus grande d’Arabie saoudite, avec un missile balistique ; un incendie a bien été signalé près du site puis maîtrisé, mais les autorités saoudiennes n’ont pas confirmé l’attaque. Le mouvement soutenu par l’Iran revendique aussi des tirs contre le ministère de la Défense à Riyad et contre deux avions de combat dans le sud du royaume.

Ras Tanoura en bref

  • Le site : raffinerie exploitée par Aramco sur le golfe Persique, d’une capacité de 550 000 barils par jour selon Reuters.
  • Son poids : la quasi-totalité des exportations saoudiennes de pétrole passe par deux ports, Ras Tanoura dans le Golfe et Yanbu sur la mer Rouge, également visé récemment par les Houthis (Reuters).
  • Ce qui est revendiqué : un tir « précis » ayant provoqué « d’énormes incendies », selon le porte-parole militaire des Houthis.
  • Ce qui est observé : un incendie signalé près du site, puis maîtrisé.
  • Ce qui est inconnu : les dégâts réels et l’effet sur les chargements de pétrole.

Ce qui est confirmé et ce qui ne l’est pas

Confirmé par des sources indépendantes des Houthis : la société britannique de sécurité maritime Vanguard Tech indique qu’un incendie lui a été signalé près du site pétrolier, puis qu’il a été maîtrisé, selon l’AFP. L’agence Bloomberg, citée par Reuters, rapporte que l’Arabie saoudite a maîtrisé un incendie près du terminal aux premières heures de la journée, d’après une source proche du dossier.

Non confirmé : l’origine de cet incendie. Riyad n’a pas confirmé l’attaque, souligne Reuters. Vanguard Tech précise que l’ampleur des dégâts et l’impact sur les opérations de chargement restent incertains. Les forces saoudiennes ont seulement annoncé avoir intercepté des missiles, dont deux missiles balistiques tirés vers Riyad.

Un point qui diverge : l’AFP écrit que Ras Tanoura avait déjà été touchée lors des représailles de l’Iran et de ses alliés après les frappes américano-israéliennes contre Téhéran fin février ; Reuters indique que la raffinerie avait été fermée par précaution au début de la guerre contre l’Iran. Les deux versions ne s’excluent pas, mais aucune ne précise si le site tournait à plein mardi.

Un nouveau front depuis l’été

Les combats ont repris au Yémen en juillet après quatre ans d’accalmie. En septembre, les Houthis ont pris le littoral yéménite de la mer Rouge et renforcé leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, passage clé entre l’Europe et l’Asie par le canal de Suez, selon la dépêche AFP publiée par Connaissance des énergies. Depuis début octobre, ils visent l’Arabie saoudite presque chaque jour. Dimanche, Riyad avait annoncé l’interception de dix missiles houthis ; le Royaume-Uni a déjà envoyé des avions Typhoon défendre le ciel saoudien.

Lundi, le Parlement égyptien a approuvé, à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, des « mesures nécessaires » pour soutenir le royaume, une aide présentée comme strictement défensive. Un responsable houthi y a vu une déclaration de guerre. Dans le même temps, des responsables saoudiens, pakistanais et turcs, membres du pacte de défense dit de La Mecque, se sont réunis à Téhéran.

Ce qu’Ouelen a vérifié

Nous avons comparé les dépêches de l’AFP et de Reuters publiées mardi. Elles concordent sur la revendication et sur l’incendie signalé puis maîtrisé, et toutes deux soulignent que l’Arabie saoudite n’a pas confirmé l’attaque. La capacité de 550 000 barils par jour provient de Reuters. Nous n’avons trouvé, à l’heure de publication, aucun chiffre officiel sur les dégâts ni sur un arrêt de la production : nous n’en donnons donc pas. Nous ne tirons pas non plus de conclusion sur les prix à la pompe en France, faute d’élément établi.

Sources : AFP via Boursorama, Reuters via Boursorama, Connaissance des énergies (AFP).

Photo d’illustration : Arabian American Oil Co. (Aramco) / Wikimedia Commons, licence Public domain.

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