Le troisième sommet Russie-Afrique s’ouvre ce mercredi 28 octobre à Moscou et se tient jusqu’à jeudi : Vladimir Poutine y attend des délégations de 48 pays africains, dont 22 conduites par leur chef d’État, selon son conseiller Iouri Ouchakov cité par l’agence Interfax. Le président russe coprésidera les travaux avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, actuel président de l’Union africaine.
Le sommet en bref
- Dates : 28 et 29 octobre 2026, à Moscou.
- Participation annoncée : 48 pays, 22 chefs d’État (chiffres du Kremlin). En 2023, à Saint-Pétersbourg, 17 pays africains étaient représentés, selon CNews.
- Thèmes : commerce, investissements, agriculture, énergie dont le nucléaire civil, systèmes de paiement, numérique, sécurité alimentaire.
- Textes attendus : une déclaration finale, un plan d’action Russie-Afrique 2027-2029 et une déclaration sur les usages civils de l’intelligence artificielle.
Le Sahel au cœur du rendez-vous
La participation des dirigeants des trois pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a été confirmée par la diplomatie russe, souligne BBC Afrique (BBC Monitoring). Ces trois régimes militaires ont réduit ou rompu leurs liens de sécurité avec leurs partenaires occidentaux, dont la France, et coopèrent désormais avec Moscou, qui leur fournit du personnel militaire, du matériel et des formations. Depuis la mort d’Evgueni Prigojine en 2023, une grande partie des activités du groupe Wagner a été reprise par l’Africa Corps, rattaché au ministère russe de la Défense. La BBC note que ces partenariats n’ont pas permis, à ce stade, d’endiguer les attaques des groupes armés au Sahel.
Ce que cherche Moscou
Pour la Russie, isolée des pays occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine, le sommet est une vitrine diplomatique : montrer qu’elle conserve des partenaires sur un continent de 54 États. Un forum économique et humanitaire se tient en marge des réunions, avec des responsables publics, des entreprises et des experts, rapporte CNews. RFI parle d’une « opération séduction ». La BBC rappelle que l’importance du sommet se mesurera surtout à sa capacité à produire des accords réellement appliqués, les promesses des éditions précédentes n’ayant pas toutes été suivies d’effets.
Ce que ça change pour la France
Le sommet illustre le recul de l’influence française en Afrique de l’Ouest, au profit de nouveaux partenaires. Les contrats annoncés à Moscou, notamment dans le nucléaire civil, les mines ou les céréales, seront à suivre, tout comme la présence ou l’absence de grands pays comme le Nigeria ou l’Algérie, dont la participation n’était pas confirmée il y a une semaine, selon la presse togolaise citée par la BBC.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Les chiffres de 48 pays et 22 chefs d’État proviennent du Kremlin et n’ont pas pu être vérifiés de façon indépendante : la liste officielle des participants n’était pas publiée ce mercredi matin. La comparaison avec 2023 (17 pays selon CNews) est à prendre avec prudence, les décomptes de l’époque variant selon qu’on compte les délégations ou les seuls chefs d’État. Les dates, la coprésidence avec le président de l’Union africaine et les textes attendus sont rapportés de façon concordante par CNews et la BBC.
Sources : RFI, BBC Afrique, CNews, Interfax (cité par CNews).
Photo d’illustration : Angel Miklashevsky / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.
