Fnac Darty écope de 7 millions d’euros d’amende de la CNIL pour des cookies déposés sans consentement dans l’application mobile de la Fnac, même quand l’utilisateur cliquait sur « Continuer sans accepter ». La Commission nationale de l’informatique et des libertés a rendu publique sa sanction jeudi 29 octobre sur son site. L’entreprise conteste la décision.
La sanction en bref
- Montant : 6 millions d’euros pour Fnac Darty Participations et Services, 1 million pour Fnac Direct, qui exploite le site et l’application.
- Date de la décision : 22 octobre 2026, publiée le 29 octobre.
- Motif : non-respect de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés (consentement aux traceurs).
- Injonction : un mois pour prouver la mise en conformité, sous peine de 10 000 euros d’astreinte par jour de retard.
- Recours possible : devant le Conseil d’État, dans un délai de deux mois.
Ce que la CNIL reproche à la Fnac
Tout part d’une plainte de l’association autrichienne noyb, déposée en septembre 2023. Lors d’un contrôle mené en mars 2024, la CNIL a constaté qu’un traceur de l’application envoyait vers un domaine tiers un identifiant de l’utilisateur et des informations sur son activité, comme les produits consultés. Ces données servaient à afficher des recommandations et à entraîner l’algorithme de recommandation, y compris pour les personnes qui avaient refusé le suivi, détaille Next.
La Fnac estimait ces opérations « strictement nécessaires » à la navigation. La CNIL a répondu qu’un même traceur ne peut échapper au consentement s’il sert aussi à des finalités qui l’exigent, comme l’entraînement d’un algorithme. Elle justifie le montant par le non-respect du choix exprimé par l’utilisateur et par le grand nombre de personnes qui utilisent l’application.
Ce que répond Fnac Darty
Interrogée par l’AFP, citée par Le Monde, la Fnac « conteste l’analyse juridique sur le fond » et se réserve le droit de faire appel. Elle parle d’une divergence d’interprétation, assure que ces fonctions relevaient du conseil aux clients et non de la publicité ciblée, et rejette la qualification de négligence. L’entreprise indique avoir remplacé l’outil en cause début 2025 ; la CNIL lui demande d’en apporter la preuve.
Ce que ça change pour vous
- Votre refus doit être respecté : cliquer sur « Continuer sans accepter » doit empêcher tout traceur non indispensable, sur un site comme dans une application. La CNIL le rappelle dans sa page sur les cookies.
- Pas d’indemnisation automatique : l’amende est versée au Trésor public, pas aux clients. Une action en réparation reste possible devant un juge, mais il faut démontrer un préjudice.
- Si vous constatez un abus : vous pouvez saisir la CNIL via son formulaire de plainte en ligne. Pensez à mettre à jour l’application Fnac et à vérifier vos choix dans ses paramètres de confidentialité.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Les montants, les dates et l’injonction sont tirés du communiqué officiel de la CNIL. Les précisions sur la plainte de noyb et le fonctionnement du traceur viennent de la délibération, résumée par Next et le Journal du Net. La réaction de l’entreprise est celle transmise à l’AFP.
Sources : CNIL, communiqué de sanction, Next, Journal du Net, Le Monde, avec l’AFP.
Photo d’illustration : TCY / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.



















