TotalEnergies a publié jeudi 29 octobre un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars (environ 7,4 milliards d’euros) pour le troisième trimestre 2026, un record, en hausse d’environ 125 % sur un an. Dans la foulée, la porte-parole du gouvernement et ministre de l’Énergie, Maud Bregeon, a demandé au groupe d’être « exemplaire » et de répercuter à la pompe la baisse attendue du gazole. Voici ce que ces chiffres changent, ou pas, pour les automobilistes.
Des résultats portés par le gazole et le gaz
Un an plus tôt, au troisième trimestre 2025, le groupe avait gagné 3,7 milliards de dollars. Il dépasse aussi ses deux premiers trimestres 2026, déjà très élevés (5,8 puis 5,4 milliards), selon franceinfo et Le Figaro. Le résultat net ajusté, qui exclut certains éléments exceptionnels, atteint 9,1 milliards de dollars, d’après BFM Bourse.
La raison principale tient au raffinage. Les frappes sur des installations pétrolières en Ukraine, en Russie et au Moyen-Orient ont tendu le marché du diesel, et l’écart entre le prix du pétrole brut et celui des carburants raffinés s’est envolé. Les marges de raffinage en Europe ont été multipliées par quatre, à 33,2 dollars le baril selon BFM Bourse. Le gaz naturel liquéfié a aussi pesé : le résultat de cette activité a plus que doublé, à 1,9 milliard de dollars. Le baril de Brent a coûté en moyenne 97 dollars sur le trimestre, contre 69,1 dollars un an plus tôt.
Le groupe verse un troisième acompte sur dividende de 0,90 € par action, en hausse de 5,9 %, et confirme 2,5 milliards de dollars de rachats d’actions d’ici le premier trimestre 2027.
Ce que ça change pour votre plein
En pratique, ce jeudi :
- Chez TotalEnergies, le gazole reste plafonné à 2,25 € le litre dans les stations du groupe, selon franceinfo et Le Figaro. Ailleurs, il dépasse souvent 2,35 €.
- La baisse promise au 1er novembre n’est pas encore visible. Le gouvernement a annoncé la mise sur le marché de 10 millions de barils des réserves stratégiques, avec une baisse attendue de 12 à 18 centimes par litre, soit une dizaine d’euros par plein, rapporte Actu.fr. Les modalités étaient encore en discussion avec les distributeurs cette semaine.
- Les ruptures : le site public prix-carburants.gouv.fr recensait 2 446 stations avec au moins un carburant manquant (données du 27 octobre), selon Actu.fr. Le Grand Est était la région la plus touchée.
La demande du gouvernement n’a pas de valeur contraignante. Maud Bregeon a demandé à TotalEnergies de maintenir son plafonnement tant que la crise dure, sans annoncer de mesure qui l’y obligerait. Le groupe n’avait pas répondu publiquement sur ce point jeudi matin.
Si vous roulez beaucoup pour votre travail, la prime carburant versée par l’employeur reste exonérée jusqu’à 1 000 € d’ici fin 2026. Côté chauffage, la flambée du gaz européen, passé au-dessus de 100 € le MWh mercredi, a aussi des effets sur votre facture de gaz cet hiver.
Ce qu’Ouelen a vérifié
Nous avons comparé les chiffres de franceinfo, du Figaro et de BFM Bourse : le bénéfice net de 8,3 milliards de dollars (8,26 milliards exactement), la hausse d’environ 125 % sur un an et le plafond de 2,25 € sont identiques dans les trois sources. La conversion en euros varie légèrement selon les médias (de 7,4 à 7,45 milliards) : nous retenons environ 7,4 milliards. Confirmé : le résultat, le plafond chez TotalEnergies, la demande du gouvernement. Pas encore confirmé : l’ampleur et la date réelle de la baisse du gazole dans toutes les stations.
Sources : franceinfo, 29 octobre 2026 ; Le Figaro, 29 octobre 2026 ; BFM Bourse / Tradingsat, 29 octobre 2026 ; Actu.fr, 28 octobre 2026 ; prix-carburants.gouv.fr.
Photo d’illustration : Jérémy-Günther-Heinz Jähnick / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 3.0.



















